Les agriculteurs français ont relancé leur mouvement de contestation, bloquant plusieurs autoroutes, notamment en Lozère, Haute-Garonne et Isère, ce lundi 5 janvier. Cette action fait suite à une réunion entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et des représentants de syndicats agricoles, alors que de nombreux acteurs de la filière sont mécontents des réponses gouvernementales face à la crise agraire actuelle.
La journée a commencé avec des rencontres entre le gouvernement et les Jeunes Agriculteurs, suivis de discussions avec la Coordination rurale, et culminera mardi avec la FNSEA, le principal syndicat agricole, ainsi que la Confédération paysanne. Les agriculteurs soulignent plusieurs crises pressantes : la propagation du virus de la dermatose nodulaire contagieuse parmi le cheptel bovin, la chute des prix des matières premières comme le blé, ainsi que les menaces d'une concurrence accrue émanant des pays du Mercosur.
Des points de blocage ont été signalés sur l'A75 à Le Buisson, l'A64 à Carbonne, et l'A51 à Roissard, selon des sources de la gendarmerie. À Lyon, une trentaine de tracteurs ont bloqué l'accès à l'autoroute du Soleil. « Nous ne bougerons pas tant que le gouvernement ne répond pas à nos revendications, notamment sur la gestion de la dermatose et l'accord avec le Mercosur, » a déclaré Laurence Chanove, de la Coordination rurale. Par ailleurs, un barrage filtrant a été installé à Calais pour contrôler les marchandises, exposant ainsi les inégalités entre les normes imposées aux agriculteurs français et celles des autres pays.
Mobilisation nationale orchestrée par la FNSEA
La FNSEA, qui avait déjà mobilisé ses membres à Paris en janvier 2024, a désormais lancé un appel à une mobilisation nationale. Après des engagements du gouvernement pour de nouvelles mesures en janvier, les agriculteurs restent sceptiques. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé une augmentation du fonds hydraulique à 60 millions d'euros en 2026, mais des critiques fusent quant à l'insuffisance de ces promesses.
Le gouvernement a également annoncé un arrêté suspendant l'importation de certains fruits et légumes sud-américains contenant des produits chimiques interdits en Europe, une décision qui devra néanmoins obtenir l'approbation de l'Union européenne. « Les agriculteurs jugent ces mesures comme insuffisantes et manquant de vision stratégique, » a souligné un expert agricole, rapporté par FranceInfo.
Vaccination des bovins : avancées mais défis persistants
D'un autre côté, la vaccination contre la dermatose nodulaire dans le Sud-Ouest a atteint 77,3 %du cheptel, mais les syndicats insistent sur la nécessité d'une vaccination généralisée. Le ministère de l'Agriculture a indiqué qu'environ 750 000 bovins devaient être vaccinés d'ici la mi-janvier, afin de lever les restrictions actuelles. « La situation actuelle est critique et il est impératif d'agir rapidement pour soutenir nos agriculteurs, » a déclaré un représentant de la FNSEA.







