L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal publie ce mardi "La Légende", une œuvre qui fait parler d'elle en dévoilant les sombres détails de sa détention en Algérie. Ce livre jette une lumière crue sur les réalités politiques et sociales du pays, plaçant son auteur au cœur d'un tourbillon de controverses.
Dans cet ouvrage, Sansal ne mâche pas ses mots. "La Légende" est un véritable acte de résistance. "Il nomme. Il accuse", déclare l'auteur dans ses 240 pages, publiées par Grasset. Le texte met en lumière le "régime algérien honni" qui l'a incarcéré pendant 361 jours, du 16 novembre 2024 au 12 novembre 2025, avant de le relâcher suite à une grâce.
Sansal exprime son souhait que Paris adopte une politique de confrontation plutôt que d'opter pour la diplomatie. "Je préfère mourir en prison plutôt que de me plier", affirme-t-il, soulignant une divergence fondamentale qui a conduit à son départ de chez Gallimard pour Grasset, une maison d’édition sous l'égide de Vincent Bolloré.
Son arrivée a provoqué des turbulences au sein de Grasset, entraînant le départ de son PDG, Olivier Nora, et un mécontentement parmi les auteurs qui ont décidé de boycotter la maison d'édition. Dans une interview récente, Sansal a manifesté son incompréhension face à ce tollé, se déclarant satisfait de son accueil chez Grasset, où il a reçu un avance considérable d'un million d'euros.
- "Ceux qui m'ont poignardé" -
Sansal conclut "La Légende" avec une liste de près de 170 soutiens, tout en dénonçant ceux qu'il considère comme des traîtres, sans les nommer, mais assurant qu'ils étaient nombreux. Il s’en prend particulièrement à Antoine Gallimard, qu'il accuse de l'avoir traité avec mépris, le qualifiant de SDF lorsqu'il a été expulsé de son logement parisien.
Jusqu'à présent, Gallimard n'a pas répondu aux accusations de Sansal, jugées "lamentables" par une source proche de l'éditeur. "Ceux qui m'admiraient ont été les premiers à me cracher dessus", écrit-il, citant des publications telles que "Le Monde" et "Libération" pour avoir évoqué un prétendu tournant vers l'extrême droite de sa pensée.
Dans un entretien récent avec l'Indépendant, il a affirmé ne pas être contraint par une ligne idéologique précise, se décrivant comme libre. "J'ai des opinions sur l'islamisme, mais également des positions à l'extrême gauche", a-t-il précisé.
Dans "La Légende", Sansal se réjouit de voir "partout en France" des voix s'élever pour défendre un pays en danger, menacé par la mondialisation et un islam radical. La sortie de cet ouvrage est soutenue par une campagne médiatique conséquente orchestrée par Hachette, incluant des passages marquants dans des émissions comme celle de France Inter et une couverture du Figaro Magazine, qui décrit son livre comme un "thriller carcéral mêlé de réflexions philosophiques". De plus, CNews lui consacre une journée spéciale, amplifiant ainsi la portée de son message.







