Mercredi, Jerome Powell a informé qu'il continuera d'agir en tant que gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) après la fin de son mandat de président, prévue pour le 15 mai. Il a affirmé que sa décision dépendrait des pressions politiques et judiciaires persistantes.
Bien qu'il puisse rester au conseil des gouverneurs jusqu'en janvier 2028, Powell a souligné sa volonté de "rester discret" dans son nouveau rôle. Son maintien au sein de la Fed résulte des critiques reçues concernant les frais exorbitants pour la rénovation du siège de l'institution à Washington, qui sont sous enquête par le ministère de la Justice.
Cette situation atypique détourne l'attention des décisions monétaires, bien que la banque centrale ait décidé de ne pas modifier ses taux d'intérêt, qui se maintiennent entre 3,50 % et 3,75 %. En dépit de cette position, plusieurs responsables ont exprimé leur désaccord sur les raisons de la stabilité des taux, ce qui n'était pas arrivé depuis plus de trente ans.
La pression sur Powell fait écho au climat tumultueux qui entoure la Fed, exacerbée par les déclarations récurrentes de l'ancien président Donald Trump. Ce dernier cherche à influencer la banque en demandant des baisses de taux qui ne sont pas réalisées, aggravant ainsi la situation politique autour de l'indépendance de la Fed.
En conférence de presse, Powell a mis en avant l'importance de maintenir une banque centrale concentrée sur les objectifs économiques plutôt que sur les intérêts politiques. Il a également exprimé sa confiance envers Kevin Warsh, l'ancien gouverneur désigné par Trump pour le remplacer, affirmant qu'il ne doutait pas de sa capacité à rester impartial.
La fragmentation à l'intérieur de la Fed pourrait constituer un défi pour Warsh, qui hérite d'une institution partagée entre ceux qui réclament des taux d'intérêt plus bas et ceux qui anticipent une nécessité d'augmentations en réponse à la hausse de l'inflation. Le gouverneur Stephen Miran prône une réduction des taux, tandis que d'autres responsables, comme Beth Hammack et Neel Kashkari, affirment qu'une hausse pourrait être nécessaire si l'inflation perdure.
Dans un contexte chargé de défis, Powell a rappelé les crises successives des huit dernières années, notamment la pandémie, l'invasion de l'Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, qui bouleversent continuellement les marchés. Avec la publication prévue de l'indice d'inflation PCE, l'inquiétude monte concernant une possible forte augmentation des prix.







