Dans une interview accordée à La Croix, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, affiche une position claire concernant la réforme des retraites. Alors que le gouvernement envisage d'instaurer un âge d'équilibre, Berger met en avant l'importance de lutter contre les inégalités au sein du système de retraite.
Mobilisation contre l'âge pivot
Laurent Berger souligne que la mobilisation actuelle des syndicats, y compris la CFDT, la CFTC, l'Unsa et la Fage, vise à s'opposer à l'instauration d'un âge d'équilibre, dont les effets pourraient être particulièrement injustes pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. "Imposer cette mesure aux travailleurs des secteurs comme l'agroalimentaire ou le bâtiment, qui ont déjà rempli leur part du contrat, est inacceptable", assure-t-il. Il insiste sur le fait que cette approche creuserait les inégalités, rendant plus difficile la correction des injustices présentes dans le système.
L'équilibre financier peut passer par le dialogue
Concernant les enjeux financiers, Berger ne néglige pas la nécessité de maintenir l'équilibre. Il propose que la responsabilité de trouver des mesures de retour à l'équilibre soit confiée à une gouvernance paritaire, capable de formuler des suggestions à court, moyen et long terme. Il rappelle que le gouvernement a, selon lui, imposé une négociation biaisée en conditionnant l'accord à l'acceptation de l'âge d'équilibre, sans permettre de véritable discussion.
Vers un système de retraite plus juste
Laurent Berger exprime son soutien à la création d'un système de retraite universel, qui, selon lui, pourrait corriger les inégalités existantes. Il cite des points positifs comme l'universalité du régime et la prise en compte des droits dès le premier euro cotisé. Cependant, il avertit que des ajustements sont nécessaires, surtout en ce qui concerne les critères de pénibilité. "Le système doit être conçu pour s'adapter aux évolutions du marché du travail tout en préservant le principe de solidarité," conclut-il.







