Cinq cents pompiers sont déployés sur le terrain, accompagnés de moyens aériens sans précédent en Île-de-France. La forêt de Fontainebleau est en proie à un incendie dévastateur qui pourrait avoir une origine volontaire, selon les déclarations du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
"Nous avons observé une dizaine de départs de feu dans un périmètre de 1,000 mètres, ce qui suscite des soupçons d’origine volontaire", a expliqué Nuñez lors d’une visite à proximité des lieux du sinistre. La procureure de la République de Fontainebleau a été saisie de l’affaire.
Déclenché dimanche après-midi, ce feu a rapidement acquis une ampleur qualifiée d'"exceptionnelle" par les autorités. Pour faire face à cette situation, des avions bombardiers d'eau ont été mobilisés, une première dans la région.
Deux Canadair ont pompé dans la Seine lundi matin avant de déverser des milliers de litres d'eau sur l'incendie. Déjà la veille, des avions Dash avaient été utilisés pour répandre un produit retardant au sol, tandis que des hélicoptères bombardiers d'eau intervenaient également.
Le colonel Olivier Compta, coordinateur des secours, a fait savoir : "Sans les avions, les villages de Noisy-sur-École et du Vaudoué auraient sûrement dû être évacués". Actuellement, environ 800 hectares de ce massif forestier de 23,000 hectares, un emblème de la région, ont été touchés. Ce site attire chaque année près de 15 millions de visiteurs, ce qui le rend particulièrement vulnérable, d'autant plus que le sol sableux et la végétation sont très inflammables.
Un responsable du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) a prévenu que le nombre d'hectares touchés pourrait encore augmenter. "Huit cents hectares, cela sera bien visible d’en haut… Nous allons pleurer notre forêt", a indiqué Didier Buguinet, le premier adjoint au maire du Vaudoué.
Néanmoins, le ministre a exprimé des espoirs. Il a affirmé qu'il pourrait y avoir des progrès dans la lutte contre l'incendie dans la journée, tout en avertissant que le traitement de la situation prendra probablement "plusieurs jours, voire des semaines".
La région de Seine-et-Marne doit également faire face à d'autres incendies de grande ampleur, notamment des feux de chaume qui ont affecté près de 400 hectares. Ces incidents ont causé des interruptions de circulation sur l'autoroute A6 et des retards de plusieurs heures sur les lignes de train au départ de la gare de Lyon, selon SNCF Réseau.
Un impressionnant panache de fumée visible jusqu'à 20 km de distance a alerté les équipes de secours, qui ont reçu le soutien d'agriculteurs participants à l'effort, en utilisant des citernes d’eau.
Malgré les consignes des autorités de rester confinés pour éviter les fumées toxiques, des habitants s'étaient rassemblés pour observer le déploiement des secours, tandis que 900 personnes avaient été contraintes à l'évacuation, principalement celles vivant en lisière de la forêt. Heureusement, aucune habitation n’a été touchée et aucun blessé n’est à déplorer.
Les conditions climatiques chaudes qui frappent l'Île-de-France et d'autres régions du pays exacerbent le risque d'incendies. Partout en France, les équipes luttent contre les flammes, réalisant que les incendies estivaux touchent toutes les régions, y compris des zones historiquement moins susceptibles.
En France, environ 32,000 hectares ont été ravagés par le feu depuis le début de l'année, un chiffre déjà supérieur à l'ensemble de la saison incendiaire 2022. Les autorités ont promis une répression sévère contre les responsables de ces sinistres, qu’il s’agisse d’actes volontaires ou d’imprudence. 44 personnes ont déjà été placées en garde à vue depuis le début de l’été.







