Des associations féministes et de défense des droits des enfants organisent une "grande marche citoyenne" ce samedi à travers toute la France, en réponse à l'assassinat tragique de la collégienne Lyhanna dans le Gers.
Ce mouvement s'appuie sur l'indignation générale engendrée par cet acte odieux pour réitérer leur demande d'une « loi-cadre intégrale ». Les militantes appellent à une législation qui lutterait contre les violences sexuelles de manière complète, abordant non seulement la prévention et le traitement judiciaire, mais aussi le soutien essentiel pour les victimes, en particulier les plus vulnérables.
À Paris, la marche démarrera à 15h30 de la place de la Bastille et se dirigera vers Nation. Des manifestations sont également prévues dans environ 80 autres villes de France, notamment à Agen, Dijon, Bordeaux et Rennes.
Dans leur appel, la « coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale » insiste sur la nécessité de comprendre les violences sexuelles comme un phénomène systémique ancré dans une société patriarcale. Elles appellent à la mise en place d'une loi « globale », évitant les initiatives ponctuelles sur des faits divers.
Les organisateurs s'opposent fermement à la « surenchère répressive » proposée par certaines factions politiques qui recommandent des mesures extrêmes telles que la castration chimique ou le rétablissement de la peine de mort. Il n'est pas question de simplement punir les coupables, mais de créer un cadre légal solide pour protéger les victimes.
Cette coalition regroupe environ 130 organisations et avait déjà formulé, fin 2024, une série de 140 propositions visant à aborder les violences faites aux femmes et aux enfants sur le modèle de l'Espagne. Ces propositions ont abouti à une proposition de loi regroupant 78 mesures, déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et soutenue par de nombreux députés, notamment de gauche et de la coalition au pouvoir.
Depuis l'assassinat de Lyhanna, la coalition organise une série de rassemblements hebdomadaires devant les tribunaux ainsi que devant le ministère de la Justice à Paris. À ce jour, plus de 340 000 signatures ont été collectées sur une pétition en ligne pour soutenir l'instauration de cette loi.
« Cette mobilisation est sans précédent dans le mouvement féministe et attire de nouvelles personnes », souligne Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. En écho à cela, Suzy Rojtman, militante féministe, discerne une union significative entre les groupes féministes et ceux dédiés aux enfants, soulignant que la naissance d'un mouvement citoyen né de cette tragédie est historique.
La coalition revendique aujourd'hui 160 organisations, y compris la CGT, des associations de soutien aux migrants, aux personnes handicapées et LGBTQ+. Récemment, une trentaine d'autres groupes, tels que la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves) et le collectif SOS-Périscolaire, ont également rejoint la cause.
Suite à ce drame, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre la pédocriminalité, dont certaines inspirées par les recommandations des associations. Une partie de ces mesures a déjà été intégrée dans un projet de loi sur la protection des enfants, prévu pour être examiné par l'Assemblée nationale le 15 juillet, tandis que d'autres sont incluses dans un texte concernant la justice criminelle.
La ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a par ailleurs annoncé que le gouvernement rencontrerait les parlementaires mi-juillet pour discuter de l'intégration de certaines mesures dans une future loi intégrale, qui devrait être présentée à l'automne.
Malgré ces annonces, les associations continuent de faire entendre leur voix, craignant que le gouvernement ne sélectionne que certaines propositions. Elles insistent sur la nécessité d'un dispositif complet, soutenu par un budget estimé à environ 3 milliards d'euros par an pour son application.







