La pièce "Passeport", qui devait être présentée à Castres en février 2027, a été retirée de la programmation par la mairie dirigée par le Rassemblement National. Une décision qui suscite l'indignation, notamment de la part de la ministre de la Culture, Catherine Pégard.
Bien accueillie dans de nombreux théâtres à travers la France, cette œuvre d'Alexis Michalik raconte les parcours poignant d'exilés. Pourtant, début juin, la municipalité RN a annoncé sa déprogrammation, une décision vivement critiquée par plusieurs acteurs culturels. "C'est une décision sans concertation", a affirmé Catherine Pégard, selon le Parisien.
Florian Azéma, le maire élu en mars dernier, s'est défendu en déclarant que l'argent public devait être "dépensé correctement". En réponse, Julien Odoul, député du RN, a nuancé les propos sur l'annulation, affirmant que le maire n'avait pas retenu le spectacle plutôt que de l'annuler.
Cette controverse a gagné en intensité, attirant les réactions de plusieurs personnalités politiques. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée, a décrit cette situation comme une forme de censure.
La ministre de la Culture soutient la pièce
Au cours des questions au gouvernement, Catherine Pégard a exprimé son soutien à Alexis Michalik et aux artistes concernés. "Le sujet de cette pièce ne doit pas être un prétexte pour l'interdire", a-t-elle déclaré. Son intervention a été saluée par de nombreux parlementaires de gauche.
"Alors que la pièce n'avait jamais suscité de controverse jusqu'à présent, elle est soudain devenue inacceptable aux yeux du maire de Castres", a poursuivi la ministre, regrettant la décision prise de manière unilatérale.
Accepter les différences d'opinion
Catherine Pégard a rappelé que la création artistique est protégée par une loi de 2016, qui impose aux collectivités de respecter la programmation artistique. "C'est un fondement de notre société démocratique", a-t-elle insisté, appelant à accepter la diversité des opinions.
Malgré les tensions, des discussions sont en cours pour une éventuelle reprogrammation de la pièce dans le Tarn. Un porte-parole du conseil départemental a affirmé qu'il s'agit d'un "souhait très fort" de Christophe Ramond, le président socialiste.







