La situation à la maternité de Navarre à Pau est devenue critique. Mercredi, le service reste fermé, suite à un mouvement de grève du personnel qui a débuté récemment, laissant les futures mamans dans l’inquiétude. L'établissement n'accueille pas de nouvelles patientes et les accouchements y sont suspendus, obligeant les femmes enceintes à se rendre à l'hôpital de Pau.
Selon des sources proches de l’Agence régionale de santé (ARS), des efforts sont en cours pour réquisitionner du personnel afin de rétablir l'activité. Cependant, ces tentatives n'ont pas encore permis de rouvrir la maternité. Le "plan rose" de l'ARS est activé jusqu'à la fin de la semaine, ce qui implique que la maternité restera fermée au moins jusqu'à cette date et ce, en raison d'un manque flagrant de personnel.
Les jeunes mamans qui ont accouché récemment se retrouvent face à un dilemme : soit elles sont transférées vers l'hôpital, soit elles rentrent chez elles prématurément. La situation est particulièrement éprouvante pour certaines familles, comme celle de ce père de Lescar dont l'épouse accouchait vendredi dernier. "Ça a été violent pour nous. Tout s'est passé très vite, et le personnel de la clinique a dû se démener dans l'urgence pour régler toutes les formalités," confie-t-il.
La logique d'un transfert était complexe, surtout avec la fatigue post-accouchement de la mère. "Avec la charge mentale et physique, c'était difficile de envisager de se déplacer vers l'hôpital pour nous," ajoute-t-il. Bien que sa colère soit palpable face à ces conditions, il exprime également son soutien aux revendications des soignants : "Ils ont été formidables avec nous; cette fermeture nous touche profondément."
Alors que le mouvement de grève se poursuit, les discussions entre la direction de la polyclinique Pau Pyrénées, les représentants du personnel et les autorités sanitaires sont essentielles pour faire face à cette crise. Le préavis de grève court jusqu’au 30 juin, tandis que le plan de sauvegarde de l'emploi inclut des licenciements de 161 employés.
Les conséquences de ce conflit alertent sur la problématique plus large du système de santé en France, où des voix s'élèvent pour une réforme nécessaire. Le soutien de la communauté apparaît crucial dans ces moments délicats pour le personnel médical.







