Selon les déclarations de son avocate, Léa a déclaré avoir été accueillie à plusieurs reprises par la famille Barella. "Léa était très proche de la fille de la famille, et elles ont grandi ensemble", explique Me Benayoun. La fillette aurait été invitée chez les Barella durant leurs soirées pyjama, ce qui a ouvert la voie à des abus répétitifs. "Ces événements ont débuté l'été dernier, alors qu'elles allaient passer en sixième", précise-t-elle.
Lors d'une récente audition, Léa a révélé aux enquêteurs qu'elle avait été victime d'agressions sexuelles de la part de Jérôme Barella, dans le cadre de l'enquête en cours pour agression sexuelle sur mineur. Les détails de ces agressions restent encore flous, mais l'avocate a noté que Léa aurait été abusée à plusieurs reprises, même si elle ne peut pas donner un nombre précis d'incidents.
Léa, perturbée par la situation, a décidé de couper les ponts avec la famille et a résisté à son désir de passer des nuits chez eux. "Elle a réalisé que c'était dangereux. Elle ne voyait plus en lui un 'papa joueur' mais un 'papa agresseur'", confie son avocate. C'est cette prise de conscience qui l'a poussée à ne plus fréquenter les Barella.
Elle a cependant attendu six mois avant d'alerter ses éducateurs, craignant la réaction de Jérôme, surtout qu'elle savait que sa meilleure amie continuait de vivre avec lui. "Elle a finalement pris la parole lorsque Jérôme était en détention", souligne Me Benayoun.
D'après un signalement fait à la justice en mars, Léa avait déjà dénoncé des comportements inappropriés, mais rien n'avait été fait. La procureure d'Auch a admis n'avoir reçu aucune mention de ce signalement avant les révélations médiatiques. Elle a reconnu avoir récupéré ces informations seulement début juin, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête.
Des documents révèlent aussi que la situation de Léa avait été communiquée à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP), mais très peu d'actions semblent avoir suivi. "C'est inacceptable, ces affaires ne sont pas considérées comme prioritaires, alors qu'elles pourraient sauver des vies", déplore l'avocate de Léa.
Cette situation soulève des questions cruciales sur le fonctionnement de la justice et la protection des mineurs. Le manque d'urgente réactivité des autorités pourrait avoir des conséquences tragiques, souligne-t-elle, référant aux abus signalés par d'autres victimes dans cette affaire.
Alors que l'enquête continue, des voix se lèvent pour réclamer une prise en charge plus adéquate des cas de violences sexuelles sur mineurs, afin d'éviter que ces tragédies ne se reproduisent.







