Dix jours après les affrontements survenus après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, policiers et élus craignent une escalade de la violence à l'approche de la Coupe du monde. Plusieurs villes françaises prennent des mesures de sécurité supplémentaires.
Lors d'une récente conversation avec un représentant de la préfectorale de police de Paris, ce dernier semblait déconcerté lorsqu'interrogé sur les dispositions prévues pour la compétition. Néanmoins, la Coupe débutera dès le 11 juin avec le match Mexique-Afrique du Sud.
L'angoisse est palpable sur le terrain. Rudy Manna, délégué national UNSA Police, confie : "Nous n'avons pas encore reçu d'instructions officielles, mais la question est sur toutes les lèvres entre collègues."
En effet, à peine une semaine après les débordements autour du sacre européen du PSG, les autorités se préparent à gérer des rassemblements qui pourraient à nouveau dégénérer. Les violences observées sur les Champs-Élysées et d'autres quartiers restent gravées dans les mémoires.
De ce fait, le préfet de police de Paris a intensifié les discussions avec les maires d'arrondissement et les élus franciliens pour anticiper les possibles conséquences d'un parcours triomphant de l'équipe de France.
Paris renonce, pour l'instant, à sa grande fan zone
Un premier indice de prudence de la part des autorités : aucune grande fan zone n'est prévue pour l'heure à Paris. Bien que des réunions aient eu lieu sur ce sujet, les décideurs sont réticents à instaurer un dispositif supposément attractif pour des milliers de supporters.
En revanche, plusieurs lieux privés ou semi-privés vont tout de même diffuser les matchs. Un espace spécialement dédié, le fan zone LEGO de 1 800 m², est prévu au parc de la Villette. D'autres établissements tels que Le Quai de la Photo et Ground Control anticipent également des retransmissions, mais avec un encadrement strict.
Couvre-feu à Clermont-Ferrand et Toulouse
D'autres municipalités optent pour des mesures plus strictes. À Clermont-Ferrand, le maire Julien Bony a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de seize ans, en vigueur de 23 heures à 7 heures durant toute la compétition, avec une amende de 150 euros pour les parents en cas de non-respect.
"Cette mesure vise à protéger les adolescents qui se mettent en danger en se rendant sur les lieux de débordements," souligne-t-il.
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, envisage également de mettre en place un système similaire pour les jours de match.
Vigilance accrue pour certaines rencontres
Pour les forces de l'ordre, le défi consiste à gérer des rassemblements dispersés sur plusieurs zones. Contrairement aux matches en stade, les festivités peuvent éclater simultanément dans divers quartiers. Rudy Manna estime : "Il est probable que ce soit moins intense que pour la finale de la Ligue des champions, mais il faut rester sur le qui-vive, surtout lors des matches concernés."
Les services de renseignement s’inquiètent moins des supporters que des bandes opportunistes qui pourraient profiter de la situation pour commettre des actes criminels. "En France, nous savons gérer les foules, mais nous avons des difficultés à restaurer l'ordre lorsqu'il est troublé," ajoute un syndicaliste policier, avec une note de désillusion que partagent ses confrères.







