Le projet RINO a émergé suite à la découverte de marques inhabituelles sur des dents de rhinocéros sur un site préhistorique dans la vallée du Rhône. Les restes dentaires analysés, datés de 250 000 à 130 000 ans avant notre ère, ont montré des marques suggérant qu'elles auraient pu être utilisées comme outils par Néandertal, un comportement jusqu'ici inconnu.
Ce constat soulève de nombreuses questions sur les interactions entre Néandertaliens et rhinocéros. Bien que le mammouth ait souvent été mis en avant dans les études préhistoriques, le rhinocéros, consommé pour ses ressources, a souvent été négligé. Les recherches ont révélé que des traces similaires d'utilisation ont été observées dans d'autres sites européens, comme l'indiquent les résultats de Journal of Human Evolution.
Les dents de rhinocéros, par leur forme et leur résistance, auraient pu être utilisées pour retoucher et affûter des outils en pierre, un comportement bien documenté chez les premiers hommes. Ce projet implique l’analyse de 12 sites archéologiques riches en dents de rhinocéros, en collaboration avec des experts de divers domaines. Deux sites notablement étudiés incluent Payre et Panxian Dadong en Chine.
Cette recherche a non seulement mis en lumière des pratiques jusqu'alors inexpliquées, mais a également permis de proposer des hypothèses sur les stratégies d'acquisition de ces animaux par Néandertal. Selon certains experts, ces comportements pourraient suggérer une utilisation intentionnelle des ressources animales en fonction de leur disponibilité et de leurs caractéristiques morphologiques.
Les dents analysées témoignent d'une possible sélection pour certaines caractéristiques, comme une usure spécifique qui pourrait indiquer que les Néandertaliens préféraient utiliser des dents provenant de rhinocéros âgés. Des expérimentations archéologiques ont été menées pour reproduire des conditions similaires et mieux comprendre les traces observées.
À la lumière de ces découvertes, une réévaluation des collections de dents de rhinocéros dans d'autres sites paléolithiques s'avère essentielle pour approfondir notre compréhension des comportements néandertaliens. Les résultats de l'étude soulignent particulièrement l'importance de ces recherches pour éclairer les décisions adaptées aux contextes environnementaux et technologiques de l'époque.
Le projet RINO, soutenu par plusieurs institutions, offre une perspective enrichissante sur la complexité des interactions entre les Néandertaliens et leur environnement, et ouvre la voie à de nouvelles avenues de recherche sur leurs pratiques culturelles et techniques.







