Face à une crise de recrutement de médecins, l'association "Pour de véritables urgences au centre hospitalier de Lodève" a lancé une pétition le samedi 30 mai pour sensibiliser les habitants. Cette initiative a eu lieu sur la place du marché de la ville pendant le marché hebdomadaire.
Pascale Roqueplan, membre de l'association, a déclaré : "Nous faisons signer une pétition pour attirer l’attention sur la problématique du service public hospitalier et l'absence de médecins".
"Je préfère me faire soigner ici."
Comme c'est le cas dans de nombreuses communes, le centre hospitalier de Lodève lutte pour attirer de nouveaux médecins. Selon des estimations, il faudrait "3,5 médecins à temps plein en plus" pour le centre d'accueil et de permanence des soins (CAPS). Cette insuffisance de personnel compromet la continuité des soins et empêche le service de devenir un véritable service d'urgence pérenne. Pour les résidents, les conséquences sont déjà visibles. Marie, par exemple, se voit contrainte de multiplier les déplacements vers des hôpitaux éloignés en raison d'un AVC qu'elle a subi il y a un an et demi : "J'ai rendez-vous à Clermont-l'Hérault lundi, puis mardi à Montpellier et la semaine suivante à la clinique du Parc de Montpellier. Je préfèrerais me faire soigner ici."
"On a tout ce qu'il faut sur place"
Philippe, un habitant de longue date, partage un sentiment similaire. Né à Lodève, il a vu l'offre de soins se dégrader au fil des années : "Je suis ici depuis 1989. J'ai été témoin de la fermeture de la maternité et de la clinique. Il y avait deux chirurgiens, et maintenant, il n'y a plus personne", déplore-t-il. Tous deux ont signé la pétition de l'association, qui espère ainsi inciter les autorités à agir. "Nous sommes une petite ville, certes, mais nous avons tout ce qu'il faut sur place : des pharmacies, des associations, des commerces. Nous ne sommes pas dans un désert", souligne Pascale Roqueplan.
À ce jour, la pétition a déjà récolté près de 200 signatures. Un bureau de recrutement est prévu pour le samedi 13 juin, avec l’ambition de renforcer les équipes médicales dans la région.







