Alors que certains experts espéraient une baisse des tarifs des carburants, le début de la "driving season" pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix dès ce week-end. Les répercussions des tensions géopolitiques, notamment les négociations difficiles entre Washington et Téhéran, ainsi que les nouveaux frappes au Moyen-Orient viennent encore compliquer le tableau.
"La demande de carburant augmente considérablement à cette période, souligne Francis Pousse, président de la branche stations-services de Mobilians. Et, comme souvent, la driving season provoque une flambée des prix, même en Europe où les hausses sont similaires",
D'après la Federal Highway Administration, un Américain parcourt en moyenne près de 22.000 kilomètres chaque année, dont une grande partie durant l'été. Comparé aux 11.600 km parcourus par un Français annuellement, cette différence de consommation a des implications mondiales sur le marché de l'essence, principalement à cause d'une demande accrue pendant les vacances.
"Avec la saison d'été, l'usage accru de la voiture aux États-Unis engendre une hausse de la demande en essence sans plomb, impactant les prix par rapport au gazole", explique Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières.
De plus, malgré des prix déjà élevés, le carburant américain reste plus de deux fois moins cher qu'en France grâce à des taxes de vente plus faibles et au statut des États-Unis en tant que premier producteur mondial. Cette disparité ne manquera pas d'affecter le marché mondial pendant cette période estivale.
Les élections de mi-mandat pour freiner l'inflation?
Les fluctuations des prix du carburant sont également un baromètre de la santé économique américaine. L'administration Biden est consciente que des prix abordables sont cruciaux pour les consommateurs. Cependant, la driving season pourrait bouleverser cet équilibre fragile. Les économistes ne prévoient pas la somme exacte de l'inflation associée à cette période, mais une augmentation de quelques centimes par litre semble inévitable et pourrait également toucher les consommateurs européens très bientôt.
Cette tendance à la hausse pourrait perdurer jusqu'à la fin de la driving season, soit mi-septembre, juste avant les élections de mi-mandat. Donald Trump a proposé une suspension temporaire de la taxe fédérale sur l'essence, qui s'élève à environ 18,4 cents par gallon, mais cette mesure pourrait être insuffisante pour endiguer l'inflation des prix.
"Même si les fournisseurs maintiennent une certaine concurrence, ils conservent une réelle influence sur le marché", estime Kent Smetters, expert en politiques publiques.
Face à cette situation, le président pourrait être incité à rechercher un accord rapide avec l'Iran afin d’inverser la tendance haussière des prix. Mais, dans le climat actuel, des déclarations récentes de Trump laissent perplexes quant à la direction qu'il compte donner à sa politique étrangère, notamment en assurant qu'il se "fiche des élections".







