L’économie française franchit un cap inquiétant, avec un recul de 0,1 % du PIB au premier trimestre, d’après les données révélées par l’Insee le 29 mai. La consommation des ménages a chuté de 0,5 % en avril, principalement à cause d'une inflation de 2,4 %, tandis que l’emploi salarié, bien que stable, masque des difficultés sous-jacentes.
Un tableau global inquiétant se dessine : les dernières données sur l'emploi et le produit intérieur brut (PIB) indiquent une potentielle contraction de l’activité dans les mois à venir. En effet, l’inflation atteint des sommets inédits, aggravant la pression sur la demande des consommateurs. Charlotte de Montpellier, économiste chez ING France, souligne : "Les dernières données brossent le portrait d’une économie qui bascule chaque semaine un peu plus vers la récession."
Le PIB ayant reculé de 0,1 % au premier trimestre, la première estimation de stagnation s’avère erronée. La Banque de France avait même prévu une augmentation de 0,3 %. Parallèlement, la consommation des ménages en biens a chuté plus que prévu en avril, notamment en raison d’un repli de 2,9 % de la demande en énergie, exacerbée par une hausse des prix des carburants de 11 %. Bercy note que "les Français modifient leurs comportements d'achats en période d’adaptation", illustrant une diminution des déplacements de 14 % entre début et mi-mai.
L’emploi tient le coup
Les prix à la consommation, selon l’Insee, affichent une hausse de 2,4 % en mai, soit 2,8 % selon les normes européennes. Sylvain Bersinger, économiste chez Bersingeco, tempère cette inquiétude en affirmant que "le choc énergétique n’a pas contaminé l’ensemble de l’économie pour l’instant". En effet, les prix alimentaires demeurent maîtrisés et la baisse des produits manufacturés se poursuit.
Néanmoins, l’impact de la guerre au Moyen-Orient aggrave la situation économique, comme le mentionne Bersinger : "Bien que le choc inflationniste soit moins violent que dans les années 1970, la France doit se préparer à une possible récession".
Charlotte de Montpellier prévoit une contraction du PIB au deuxième trimestre, ce qui pourrait entraîner une "récession technique" (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB). L’objectif de croissance du gouvernement, fixé à 0,9 % pour cette année, apparaît désormais inatteignable.
Malgré cette morosité, une note positive réside dans la stabilité de l’emploi salarié, qui est resté "stable" au premier trimestre, d'après les données de l’Insee. Toutefois, sur une année, une perte de 47 600 emplois a été enregistrée, contrastant avec l’augmentation de 1,2 million de postes depuis la crise sanitaire de 2019.







