Avec le retour du printemps et des activités de cueillette, l’Anses tire la sonnette d'alarme concernant la confusion entre l'ail des ours et le colchique. Si le premier est souvent utilisé dans des salades ou des pestos maison, le second, en revanche, est toxique et peut même être fatal. Les centres antipoison signalent régulièrement des cas d'intoxications liées à ces erreurs.
Prévoyez-vous d'emmener vos enfants pour des cueillettes durant les vacances de Pâques ? L’Anses met en garde contre le risque de mélanger l’ail des ours avec le colchique, une plante qui peut provoquer des intoxications potentiellement mortelles. Ces deux plantes germent simultanément dans les mêmes sous-bois, ce qui complique leur identification.
Les lieux de croissance : méfiez-vous des sous-bois
Les intoxications surviennent généralement entre mars et mai, avec un pic en avril, notamment dans les régions du Grand Est et d'Auvergne-Rhône-Alpes. Le colchique et l'ail des ours, tout comme le poireau sauvage, se développent tous dans des zones humides ou ombragées. Cependant, leurs fleurs diffèrent considérablement : celles du colchique apparaissent à la fin de l'été, tandis que l'ail des ours émet une odeur distincte d'ail, absence chez le colchique.
La toxicité du colchique est due à la présence de colchicine, un alcaloïde très puissant trouvé dans toutes les parties de la plante. Cette substance empêche la division cellulaire, conduisant à des effets nocifs sur le système digestif et sanguin. Les autorités sanitaires ont signalé que cette toxicité peut être particulièrement grave en raison de son impact sur les cellules de la moelle osseuse.
Symptômes et cas d'intoxication à surveiller
Les premiers signes d'une intoxication se manifestent quelques heures après ingestion, avec des symptômes digestifs alarmants comme de fortes douleurs abdominales, des vomissements et des diarrhées profuses, pouvant entraîner une déshydratation sévère. Cette déshydratation peut causer une chute de tension artérielle et, dans les cas extrêmes, un arrêt cardiaque.
Deux décès ont été rapportés. Le premier concerne une habituée des cueillette d'ail des ours qui a préparé un pesto maison à partir de feuilles cueillies, décédant d'une défaillance multiviscérale cinq jours plus tard. Des traces de colchicine ont été trouvées dans ses analyses. Le second cas impliquait une quiche, supposée à base d'ail des ours, qui a causé la mort de son consommateur deux jours après. Un autre convive a également présenté des symptômes graves, mais a bénéficié d'un traitement qui a conduit à son rétablissement.







