Ce dimanche 10 mai, la place de l’Hôtel de ville a réuni une centaine de personnes pour un hommage poignant aux victimes de l’esclavage. Pour la première fois, la municipalité de Nîmes, sous l'impulsion de son maire Vincent Bouget, a organisé cette cérémonie mémorable.
« C’est essentiel d’organiser cet événement, surtout 25 ans après la loi Taubira qui a reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité. Cela ne doit pas être perçu comme un geste purement politique, mais comme une démarche humaine », a souligné Christian Bastid, conseiller municipal chargé de la mémoire, des anciens combattants et de la culture de la paix.
Cette initiative soulève des questions sur l’absence de commémorations sous l’administration précédente de Jean-Paul Fournier, un manquement surprenant dans une ville historiquement marquée par son passé colonial.
Lecture d’un extrait de texte d'Aimé Césaire
La cérémonie a débuté par une lecture émotive d’un extrait du Cahier d'un retour au pays natal, l'œuvre emblématique d'Aimé Césaire, par l’auteur et metteur en scène nîmois Alix di Jusco. Le maire, ému, a rappelé que « 25 ans, ce n’est pas grand-chose comparé à plusieurs siècles de souffrances infligées par les sociétés coloniales ». Il a souligné l’importance de la loi Taubira, qui, bien que tardive, a apporté une reconnaissance nécessaire.
Un combat toujours d'actualité
Au-delà de la mémoire, Vincent Bouget a également fait écho à des problématiques contemporaines, dénonçant l'impérialisme et toutes formes d'oppression. « Ce combat pour les droits de l’homme est plus que jamais essentiel et fait la fierté de notre République », a-t-il déclaré, invitant les présents, y compris des enfants, à perpétuer ce souvenir. La journée s’est poursuivie par des dépôts de gerbes et l'hymne national retentissant devant la mairie. En perspective, un lieu de mémoire dédié à l’abolition de l’esclavage devrait voir le jour à Nîmes d’ici l’année prochaine.







