À l’heure où l’intelligence artificielle transforme l’industrie cinématographique, le retour d’une franchise iconique des années 90 choisit de faire preuve d’authenticité. Le réalisateur a opté pour un vrai chien plutôt que des algorithmes sophistiqués.
Alors qu’il travaille sur le tournage de Air Bud Returns, le nouvel épisode centré sur les exploits d’un golden retriever, le cinéaste Robert Vince a été émerveillé par l’improvisation du chien Roscoe. Ce dernier a montré de l’inquiétude en réaction à des scènes touchantes entre deux acteurs en larmes. « Il est curieux de savoir ce qui se passe. C’est un moment authentique », déclare le réalisateur, qui compte déjà une douzaine de films sur les animaux à son actif. Pour lui, ces instants « magiques » sont irremplaçables par l'IA.
Pour le nouveau chapitre de la saga « Air Bud », très appréciée aux États-Unis, l’idée d’utiliser une création numérique pour le héros canin était hors de question, surtout à une époque où d’autres productions le font de plus en plus. Le premier film Air Bud - Buddy star des paniers, sorti en 1997, n’a pas laissé une empreinte forte dans les pays francophones. En revanche, en Amérique, cette comédie familiale sur l’amitié entre un garçon et un chien doué pour le basket a marqué une génération, au même titre que Lassie ou Beethoven.
Hollywood a développé une série de films jusqu’au début des années 2000, avec d’autres longs-métrages dans lesquels Buddy s’essayait à des sports comme le football, le baseball ou le beach-volley.
« Un lien émotionnel avec les personnages »
Près de 30 ans après le premier film, la saga fait son grand retour, avec un épisode prévu pour 2027, où un adolescent passionné de basket croise un golden retriever errant qu’il nomme également Buddy.
Roscoe, le chien acteur, incarne ce rôle tout en portant un maillot et des baskets. À Las Vegas, lors du salon CinemaCon, l’animal a charmé de nombreux fans qui attendaient patiemment pour le rencontrer. « Vous voyez la joie que ce chien et les acteurs humains apportent ? », s’est exclamé Robert Vince.
Le réalisateur de 64 ans admet que l’IA soulève de la curiosité, mais estime que les productions qui choisissent de générer des animaux n’auront pas une longévité. « Je me souviens de l'essor des effets spéciaux ; au départ, tout le monde était enthousiaste. Mais au bout d'un moment, on se dit 'j'ai déjà vu ça' », analyse-t-il. Pour lui, la clé d’un bon film réside dans le « lien émotionnel avec les personnages ».
« Vrai chien »
Une philosophie que le réalisateur, qui a également coécrit et produit le projet, a décidé d’adopter pleinement. Le premier Air Bud était considéré comme le « film familial par excellence ». Aujourd'hui, les enfants d'hier sont devenus des parents nostalgiques, en quête de cette suite de saga.
Pour satisfaire les fans, il a renoncé à l’usage d’effets spéciaux, malgré le fait qu’il dirige une société spécialisée dans ce domaine. « Nous avons un public qui a grandi avec le film original sans images de synthèse », précise-t-il. « Nous avons donc tenu cette promesse dans ce film également ».
Pour Vince, les avancées technologiques doivent servir à « enrichir l’histoire » et non à remplacer les acteurs, qu’ils soient humains ou animaliers. Ce constat est également partagé par les Oscars et les Golden Globes, qui ont récemment annoncé des règles pour exclure les performances générées par IA de leurs prestigieuses nominations.
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