Après sept mandats à la tête de Beausoleil (Alpes-Maritimes), Gérard Spinelli, 71 ans, se lance pour un nouvel mandat aux municipales de 2026, face à un adversaire inattendu : son fils, Nicolas Spinelli, 39 ans.
Le scrutin du 15 et 22 mars s'annonce particulièrement tendu à Beausoleil, une commune de 14 000 habitants. Les électeurs devront choisir entre le maire sortant et son fils, un affrontement peu commun dans le paysage politique local. « Beausoleil, c’est spécial », confie une habitante interrogée par 20 Minutes.
Le duo, qui a collaboré pendant plusieurs années, a vu leur relation se détériorer principalement à cause d’un nouveau Plan local d’urbanisme (PLU). « Alors que la population a chuté de 2 000 habitants en dix ans, le plan envisageait 1 100 nouvelles constructions », critique Nicolas, qui a finalement décidé de se porter candidat après avoir longuement réfléchi. « Je me suis déclaré en avril et nous avons lancé notre campagne en septembre. »
L’hostilité entre les deux hommes ne s’arrête pas là, avec des accusations graves portées par Nicolas à l'encontre de son père, évoquant des cas de harcèlement sexuel envers des employées municipales. L'an passé, il a adressé un courrier sur ce sujet à ses collègues élus, une situation révélée par Monaco Matin. Gérard Spinelli, fidèle à son poste depuis 1989, a également été condamné en 2023 pour détournement de fonds publics, un fait qui jette une ombre sur sa candidature.
Les habitants en quête de nouveauté
Face à ce conflit familial, certains habitants préfèrent garder ces tensions à l’abri des urnes. « Le linge sale, ça se lave en famille », s’exprime Marie, septuagénaire et résidente de longue date, qui soutiendrait plutôt un autre candidat, Livio Orsi, un Franco-Italien également en lice. D'autres, qui ont voté pour Gérard, mettent désormais en doute ses réalisations. « Mon choix penche vers le fils, car le père a ses belles réussites, mais aussi ses échecs », déclare un électeur.
Les préoccupations des Beausoleillois vont bien au-delà des querelles familiales. Manque de places de stationnement, problèmes d'accès aux crèches et à une meilleure qualité de transport sont au cœur de leurs préoccupations. « Les prix des logements sont astronomiques ici », déplore Akila, mère de trois enfants, qui note qu'un studio se négocie autour de 1 000 euros.
Nicolas Spinelli entend rompre avec un « système à l’agonie ». Il aspire à « offrir un cadre de vie paisible, loin des conflits et des scandales judiciaires », tout en se démarquant clairement de son père. « Même nom, projet totalement différent », conclut-il avec détermination.







