François Piquemal, candidat LFI aux municipales à Toulouse, est un excellent exemple de cette tendance. Dans une vidéo sur TikTok, il mélange humour et critique gastronomique, parvenant à capter l'attention d'un large public. Sa vidéo, qui a déjà frôlé les 100.000 vues, démontre l'efficacité des plateformes sociales dans la campagne politique moderne.
Un phénomène en pleine expansion
Les candidats n’hésitent plus à multiplier les initiatives sur les réseaux sociaux. Anaïs Loubère, spécialiste en communication digitale, souligne que même si les candidats étaient déjà présents en ligne depuis des années, l'émergence des récentes élections législatives a véritablement accéléré ce phénomène, démontrant ainsi l'importance grandissante de ces outils.
Selon Alexandre Eyriès, enseignant-chercheur en Sciences de l'Information et de la Communication, cette évolution est naturelle : "Les candidats se sont entourés de jeunes professionnels qui les conseillent pour leur présence sur ces plateformes cruciales." De plus, il ajoute qu'ignorer ces canaux revient à risquer de passer pour un candidat démodé.
"Ne pas y être, c’est risquer d’être ringard et de perdre en visibilité auprès des jeunes électeurs intéressés par la politique, mais qui n'iraient pas jusqu’aux urnes", explique-t-il.
Anthony Brottier, conseiller d’opposition à Poitiers, a fait appel à Paul Gancel, étudiant en gestion, pour optimiser sa stratégie sur les réseaux sociaux. Le jeune homme de 19 ans assure qu'ils ont "totalement investi les réseaux sociaux", y partageant les coulisses de sa campagne.
Une approche humaine pour mobiliser
Les élus adoptent désormais une démarche très humaine, les vidéos montrant des candidats interagissant avec les citoyens à un café ou dans la rue viennent remplacer les discours rigides d’antan. Cela permet de créer un lien de proximité, d'autant plus nécessaire dans un contexte de défiance croissante envers la politique.
"Le candidat apparaît comme 'vous et moi'. Cela permet de faire campagne autrement", précise Eyriès.
Chacun adapte ses contenus en fonction des bases de chaque réseau. TikTok se concentre sur des formats courts et dynamiques, tandis que Facebook reste majoritairement apprécié par un électorat plus âgé.
L'importance de créer des contenus engageants est essentielle. Gancel, jeune stratège, souligne qu'il cherche à produire des vidéos captivantes qui attirent les jeunes. En effet, un contenu de qualité et bien ciblé peut considérablement augmenter l'engagement des électeurs potentiels.
Atteindre le cœur des indécis
"Ces stratégies ciblent surtout le 'ventre mou' de l’électorat, permettant de toucher les indécis et les abstentionnistes", conclut Loubère.
Les réseaux sociaux représentent un outil puissant, même pour ceux qui partent de loin dans les sondages. Par exemple, certains électeurs de Brottier confirment l'avoir découvert en ligne, ce qui représente une vraie opportunité pour les candidats, notamment ceux de l'opposition.
Ainsi, même si ces nouvelles pratiques sont efficaces, elles ne doivent pas effacer les stratégies traditionnelles. Comme le souligne le maire de Caudebec-lès-Elbeuf, "les réseaux sociaux ne remplacent pas les méthodes traditionnelles, ils s'ajoutent. Cela s'avère être un excellent outil de mobilisation, surtout lorsqu'on prépare bien sa stratégie à l'avance".
En conclusion, si les candidats aux élections municipales de 2026 se doivent d'être présents sur les réseaux sociaux pour accroître leur visibilité, ils doivent également veiller à ne pas délaisser le contact direct avec les électeurs. C'est là tout l'enjeu de ces élections : combiner le digital et le traditionnel afin de mobiliser efficacement la population aux urnes.







