À Nancy, la campagne pour les élections municipales de 2026 semble rappeler des souvenirs récents. Les mêmes têtes, les mêmes slogans : le spectre d'un match déjà joué plane sur la ville.
Le 15 et 22 mars prochains, les citoyens auront à choisir entre les candidatures de Mathieu Klein, le maire actuel socialiste, et de Laurent Hénart, son prédécesseur modéré, soutenu par Les Républicains et diverses formations de la majorité gouvernementale. Ce face-à-face structure la dynamique politique locale depuis plus d'une décennie, avec des affrontements notables en 2014 et 2020.
Les deux candidats se présentent comme les seuls capables de redresser la ville. Pourtant, à la lecture de leurs programmes, une constatation émerge : les idées proposées se ressemblent presque à l'identique. La sécurité est au cœur de leurs priorités : installations de caméras de vidéo-protection, renfort des forces de police et création d'une police des transports. Est-ce suffisant pour élargir le débat ?
Des nuances dans les détails
Si Laurent Hénart évoque un « choc de sécurité », son rival, Mathieu Klein, prône la proximité, des horaires élargis et des unités spécialisées. Le nombre de caméras de surveillance témoigne des différences : Klein prévoit une augmentation de 30 % des dispositifs existants, tandis qu'Hénart suggère d'augmenter leur nombre de façon exponentielle, atteignant jusqu'à 516 caméras.
Concernant la mobilité urbaine, les lignes directrices sont également similaires : promotion du vélo, fluidification des circulations, et réaménagement des points de stationnement. Néanmoins, Klein privilégie la piétonnisation et le stationnement gratuit, là où Hénart propose des concessions pour les clients des magasins du centre-ville.
Une dette préoccupante et le pouvoir d’achat en arrière-plan
La question de la dette de la commune revient comme un point noir pour le maire sortant. La situation financière de Nancy se caractérise par une tension structurelle importante. D'une part, la Métropole du Grand Nancy a approuvé un budget 2026 équilibré, sans nouvelle hausse des impôts, malgré un environnement difficile. À l'autre bout, un rapport de la Chambre régionale des comptes du Grand Est, publié en février 2025, souligne une « situation préoccupante » en matière de finances de la ville, suggérant des mesures correctives urgentes en ce qui concerne la fiabilité des comptes.
Malgré l'importance du sujet économique, il reste en arrière-plan des débats. Le pouvoir d'achat est mentionné dans les projets des candidats, mais tous deux se rejoignent sur l'idée d’un élargissement des aides municipales et des services publics. Hénart assure ne pas vouloir toucher aux impôts, alors que Klein propose une approche plus mesurée, incluant une mutuelle communale et des services sociaux renforcés.
À ce stade de la compétition électorale, les clivages idéologiques restent flous. Les engagements politiques des deux concurrents mettent en lumière leur proximité idéologique.
Une proximité notable avec Emmanuel Macron
Mathieu Klein, socialiste et militant des droits LGBTQ+ depuis ses années d’études, est père de famille et défend ouvertement son engagement. Il s'est proclamé « Macron-compatible » et a envisagé de rejoindre le gouvernement d'Édouard Philippe en 2018. Il a été par la suite porte-parole pour la campagne présidentielle d'Anne Hidalgo en 2022.
De son côté, Laurent Hénart a reçu le soutien de La République en Marche lors des précédentes élections et bénéficie actuellement d'un appui élargi des Républicains, de Renaissance et d’Horizons. Ces deux parcours illustrent un affrontement entre des profils proches du macronisme, socialiste d'un côté et proche du Parti radical de l'autre.
La campagne municipale qui se dessine à Nancy ne ressemble pour l'heure pas à une révolution, mais plutôt à une alternance circulaire. Contactés par nos soins, aucun des deux candidats n’a souhaité répondre, un point commun qui évoque les enjeux de cette campagne.
Absence de liste RN
Quant aux autres candidatures - Emmanuel Lacresse (Renaissance), Sarah Farghaly (La France insoumise) et Christiane Nimsgern (Lutte ouvrière) - elles semblent davantage jouer le rôle d'arbitres. Ces candidats peinent à créer une dynamique significative et leur visibilité dans cette bataille est limitée. De plus, le Rassemblement National n'a même pas présenté de liste, faute de candidat local adéquat.







