Iraj Mesdaghi, ancien prisonnier politique et militant iranien, a été le témoin des exactions terrifiantes perpétrées par la République islamique. Exilé en Suède, il a dédié sa vie à documenter ces atrocités, permettant la condamnation d’un tortionnaire. Selon lui, le règne de Khamenei est voué à l'échec et son renversement pourrait entraîner la chute de l'ensemble du système en place.
Né dans une famille aisée à Téhéran en 1960, Iraj Mesdaghi a grandi en observant l'effritement du régime du shah. Comme de nombreux jeunes de son époque, il était motivé par des idéaux de liberté et de justice sociale. Avec l'espoir que la chute de la monarchie mènerait à l'instauration d'une démocratie, il est rentré d'études aux États-Unis pour rejoindre les Moudjahiddines du peuple iranien, un mouvement emblématique et complexe, mêlant islamisme et marxisme.
Cependant, la révolution iranienne a rapidement tourné contre ceux qui l'avaient portée. Parallèle troublant à la Révolution russe, le leader Khomeyni élimine inlassablement ceux qui jadis faisaient front commun avec lui. Mesdaghi et sa femme sont arrêtés et plongés dans un système carcéral où la torture et l'humiliation sont devenues la norme.
La période la plus sombre de son expérience survient durant l'été 1988. Face à l'épuisement généré par une guerre dévastatrice contre l'Irak, le régime met en place des commissions de la mort, ordonnant l'exécution de milliers de prisonniers politiques. Mesdaghi a été spectateur de ces sélections arbitraires et des homicides de masse, témoignant d'une dynamique violente et systématique au cœur même de la répression.
Relâché au début des années 90, il quitte l'Iran pour la Suède, où il mène une recherche rigoureuse sur les événements de 1988, compilant témoignages et documents. Son travail permet de révéler la véritable nature du régime, et il s'éloigne des Moudjahiddines dont il critique désormais les dérives.
En 2019, il réussit à piéger un ancien responsable pénitentiaire, Hamid Nouri, pour l'exposer à la justice. Ce faisant, il initie un procès sans précédent pour crimes de guerre, culminant en 2022 avec la condamnation de Nouri à la réclusion à perpétuité. Cependant, sa libération ultérieure dans le cadre d'un échange soulève des questions sur la justice.
Mesdaghi aborde des thèmes cruciaux sur la résilience du régime iranien. Selon lui, la violence brutalement assumée par les dirigeants, couplée à une stigmatisation incessante des opposants, crée un climat de peur. Cela facilite la répression des manifestations populaires, notamment via des unités paramilitaires étrangères comme les Fatimiyoun et Zeynabiyoun.
Il souligne également que beaucoup d'Iraniens, bien qu'opprimés, craignent pour leurs acquis depuis 1979, argumentant que tout changement pourrait impliquer des restitutions contraignantes. Cependant, la montée en popularité de figures comme Reza Pahlavi, héritier du dernier shah, pourrait représenter une alternative viable, prônant une transition sans purge.
Les récentes manifestations, où les slogans contre l'islam politique et même l'islam en général émergent, montrent un témoignage de changement dans la société iranienne, où la majorité semble désormais repousser l'autoritarisme religieux.
Concernant une éventuelle intervention étrangère, Mesdaghi précise qu'il ne souhaite pas d’engagement militaire, mais un soutien ciblé, visant au cœur du pouvoir, pour conduire à un effondrement du régime. La crainte d'une guerre civile après une chute semble infondée, car les différentes entités militaires et la population partagent un même désir de changement.
Il met en garde contre la méfiance persistante de certaines factions occidentales qui continuent de minimiser les atrocités du régime. Son message aux Européens est clair : le sort de l'Iran affecte profondément l'équilibre géopolitique international, notamment en matière d'islam politique. En soutenant la lutte du peuple iranien, l'Europe pourrait jouer un rôle crucial dans un renversement nécessaire.







