Le député de La France insoumise (LFI) Sébastien Delogu a été interrogé dimanche par la gendarmerie suite à des accusations d’échanges supposés avec un dealer, qu’il conteste fermement. Cette situation met en lumière les enjeux du narcotrafic à Marseille, surtout à l'approche des élections municipales.
Accompagné de son avocat, Yonès Taguelmint, M. Delogu s'est rendu dans l'après-midi à la brigade de gendarmerie d'Aix-en-Provence où il a été entendu. À la sortie, Me Taguelmint a insisté sur le fait qu'il n'existe "aucun lien, de quelque nature que ce soit," entre son client et le trafic de stupéfiants, affirmant que l’audition a été demandée par leurs soins.
Les récentes révélations du Canard enchaîné évoquent une enquête à Aix-en-Provence, marquée par le démantèlement d'un point de deal. Selon l'hebdomadaire, deux suspects ont été arrêtés, l’un étant censé avoir eu des interactions avec le député concernant des "livraisons de colis".
En réponse, Me Taguelmint a fourni des documents tels que des "justificatifs", "factures d'achats" et "bons de livraison" prouvant que M. Delogu a simplement interagi avec un livreur pour réceptionner des meubles. Il a précisé que le livreur en question avait un passé criminel sans lien avec son client.
Sur le terrain, la campagne municipale est émaillée de tensions et de disputes entre divers candidats. Me Taguelmint a dénoncé les accusations comme étant de la "musique calomnieuse", appelant à "éteindre l'incendie" des rumeurs.
Il a également exprimé sa confiance dans les preuves fournies, espérant que cela contribuera à rétablir la vérité et à mettre fin aux amalgames autour de son client.
D'ailleurs, Sébastien Delogu est également impliqué dans une autre affaire judiciaire qui le verra jugé en juin pour la diffusion de documents privés volés, en lien avec un conflit social.
Les accusations portées par le Canard enchaîné ont suscité des réactions chez ses opposants, notamment au sein du Printemps Marseillais, une coalition de gauche dirigée par le maire sortant Benoît Payan, qui a demandé des clarifications.
La campagne est d’autant plus troublée que Marseille fait face à des défis croissants liés à la drogue, en dépit d'une baisse des homicides liés au trafic ces dernières années. Des voix s'élèvent pour critiquer une réponse sécuritaire jugée insuffisante et un désengagement des services publics dans les quartiers touchés.
Parallèlement, le militant Amine Kessaci, symbole de la lutte contre le narcotrafic, a dû être exfiltré de toute urgence récemment avant un meeting à Aix-en-Provence en raison d'une situation de sécurité préoccupante. Âgé de 22 ans, il vit sous protection policière après avoir perdu deux frères assassinés.







