À seulement 15 ans, un jeune homme du Gard, placé en foyer depuis ses neuf ans, se trouve devant la cour de Paris pour répondre de l'homicide de Nessim Ramdane, un chauffeur de VTC abattu à Marseille le 4 octobre 2024. Selon des informations obtenues par Franceinfo, il aurait été recruté via Snapchat par la DZ Mafia alors qu'il n'avait que 14 ans, cette affaire incarne une problématique inquiétante de l'implication croissante de mineurs dans le crime organisé.
Le procès a débuté mardi, en huis clos, une procédure qui interdit de révéler l'identité de l'accusé. Jugé pour homicide volontaire au sein d'une bande organisée, le jeune homme pourrait purger jusqu'à 20 ans de prison, une peine bien moins sévère qu'elle ne l'aurait été s'il était majeur. Le jugement est prévu pour ce jeudi, et pour la première fois, les réquisitions seront présentées par le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), récemment instauré.
Des circonstances tragiques
Le 4 octobre, Nessim Ramdane, père de famille de 36 ans, a été tué de manière tragique alors qu'il était au volant de son véhicule, retrouvé encastré dans un mur d'école maternelle à Marseille. L'appel d'un détenu, membre présumé de la DZ Mafia, a conduit les enquêteurs à découvrir que ce meurtre avait été commandité comme une vengeance contre un narcotrafiquant rival. Les détails de cette affaire ont été rapportés par Le Point, créant un climat d'inquiétude parmi les autorités judiciaires.
Après l'assassinat, le commanditaire a blâmé le mineur pour avoir tué une personne qui n'était pas la cible visée. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a expliqué que l'adolescent avait été placé dans un foyer en raison d'un passé familial difficile, ses parents étant eux-mêmes incarcérés dans des affaires de drogue.
Aujourd'hui, ce jeune homme, après avoir été recruté sur Snapchat, a été ramené dans le Gard avant d'être installé dans un hôtel marseillais où il aurait obtenu une arme et un téléphone, selon une source judiciaire. Lors de l'exécution de son contrat, un malentendu entre lui et le chauffeur aurait mené à une issue tragique, le tuant d'un coup de feu à l'arrière du crâne.
Cette affaire met en lumière une situation alarmante : la montée en puissance de l'enrôlement de mineurs par le crime organisé dans le sud de la France. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l'activité criminelle au tribunal pour enfants de Marseille a augmenté de 18 % l'année dernière, un fait attribué à cette nouvelle modalité de recrutement de jeunes pour des actes violents.







