Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a récemment présenté sa méthode visant à éliminer d'ici la fin de son mandat les 1000 «points noirs» de la propreté à Paris, identifiés comme des sites fréquents de dépôts illégaux d'ordures. Cette initiative s'appuie sur une étude de 2023 qui, grâce à la collaboration des éboueurs parisiens, a répertorié 1412 de ces zones, regroupées en «huit typologies».
«Les points noirs représentent un défi d'identification des lieux où se manifestent régulièrement incivilités et malpropreté. Notre but est d'en comprendre les raisons pour mieux traiter les conséquences», a déclaré l'élu socialiste devant un des sites problématiques situé dans le XIVe arrondissement. Il a également évoqué l'impact des aménagements urbains, notant que certains espaces pourraient aggraver la situation, notamment les «recoins» et les zones trop fréquentées.
Avec 26 000 corbeilles à disposition, Paris est parmi les capitales les mieux équipées en matière de propreté, a rappelé Pierre Lombard, adjoint à la propreté. «Dans les cas où les poubelles deviennent des espaces pour dépôts d'encombrants, parfois il est nécessaire de les retirer», a-t-il ajouté. Les résultats de l'étude de 2023 ont permis d’identifier ces «points noirs» et de les classer selon différents critères.
«Les emplacements problématiques incluent des creux et retraits d’alignement, représentant 30 % des dépôts sauvages», a précisé Milena Charbit, architecte et co-autrice de l'étude. Cette dernière a également mentionné les «murs aveugles», «grilles urbaines», ainsi que des infrastructures majeures comme le périphérique, qui contribuent à la dégradation de l’environnement urbain.
«Nous avons un potentiel de transformation incroyable pour ces surfaces», a ajouté Deborah Feldman, architecte chez 127af. Elle a suggéré que ces espaces puissent être réaménagés pour inclure des pistes cyclables ou des éléments de verdure. La Ville a aussi demandé aux mairies d'arrondissement de prioriser les zones nécessitant des interventions urgentes. Un premier diagnostic est prévu, avec des actions concrètes dès cet automne.
Pierre Lombard a souligné que le problème de propreté ne se limite pas à une approche réactive et doit intégrer les services d'urbanisme, de voirie et d'espaces verts. Il a ainsi cité des initiatives comme la création de stationnements de vélos, qui ont permis de réduire les dépôts sauvages, et l'emploi de techniques novatrices telles que le «nudge», consistant à influencer les comportements par des incitations visuelles.







