Le gouvernement français a lancé un appel à réaliser 800 millions d'euros d'économies sur le budget de la Sécurité sociale dédié aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, alors que le déficit de cette branche est préoccupant, comme l'a signalé le ministère du Travail ce lundi.
Le ministre a confirmé cette directive, comme l'a rapporté Les Echos, mettant en avant la nécessité de mesures de redressement face à des prévisions qui tablent sur un déficit d'un milliard d'euros en 2026 et 1,5 milliard en 2027.
Pour parvenir à ces économies, le ministère a demandé aux syndicats et au patronat de soumettre des propositions avant le 14 juillet, avec un retour initial prévu suivie d'une évaluation d'ici fin septembre. Ces mesures doivent s'inscrire dans le cadre d'un budget 2027 qui s'annonce particulièrement difficile.
Denis Gravouil, représentant de la CGT, a détaillé les deux options possibles pour réaliser ces économies : "augmenter les recettes via des cotisations patronales" ou "réduire les indemnités versées." En cas d'absence d'accord entre les partenaires sociaux, le gouvernement envisage de réduire le plafond d'indemnisation à 1,8 Smic, ce qui pourrait entraîner des compensations par des assurances complémentaires, a-t-il averti.
D'un autre côté, Force Ouvrière (FO) a dénoncé une telle initiative, affirmant que ce plafonnement des indemnités sous prétexte de fiscalisation pourrait peser injustement sur les travailleurs. Eric Gautron, secrétaire confédéral de FO, a rappelé que ces indemnités journalières ne sont pas des prestations sociales, mais une compensation pour la perte de salaires due aux accidents du travail.
En outre, un décret récemment publié limite à quatre ans la durée d'indemnisation dans le cadre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle à partir de 2027, renforçant les inquiétudes des syndicats sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les travailleurs. Cette réforme pourrait ainsi exacerber les défis financiers auxquels fait face la Sécurité sociale.







