Le leader de la fédération paysanne Tupac Katari, Vicente Salazar, figure emblématique des récentes manifestations contre le gouvernement, a été arrêté par les forces de police. Cette arrestation intervient sous des accusations graves, telles que l'« incitation publique à commettre un délit, d'association de malfaiteurs » et « terrorisme ». Salazar est également visé par une plainte déposée par des acteurs économiques et politiques proches de l'extrême droite, qui réclament la mise sous pression de l'ancien président Evo Morales, qui a dirigé le pays de 2006 à 2019.
La tension monte en Bolivie, où le président Rodrigo Paz a fait appel à des groupes néonazis dans la région de Santa Cruz pour gérer les manifestations. À plusieurs reprises, il a recouru à la militarisation de la répression pour neutraliser les barrages routiers dressés par une large coalition de syndicats, d'organisations sociales et de mouvements indigènes opposés à ses réformes néolibérales, qui sont perçues comme une menace pour les acquis sociaux de la population.
Selon les analystes, la répression actuelle pourrait déclencher une escalade des tensions sociales. Un expert en sociologie politique, Jean-Pierre Reynaud, a déclaré que « l'arrestation de Salazar pourrait être le facteur déclencheur d'une mobilisation encore plus importante ». De nombreux citoyens expriment leur mécontentement face à la stigmatisation des mouvements sociaux par le gouvernement.
L'arrestation de Vicente Salazar souligne les fractures croissantes au sein de la société bolivienne. Les réformes controversées et l'usage de la force par les autorités suscitent des interrogations sur l'avenir démocratique du pays. Les manifestations continuent de se multiplier, et l'opposition annonce son intention de porter la mobilisation à un niveau supérieur.







