Pékin a annoncé avoir procédé lundi au lancement d'un «missile stratégique» à partir d'un sous-marin nucléaire, dans l'immensité de l'océan Pacifique. Cette démonstration militaire soulève des inquiétudes parmi plusieurs nations de la région, dont le Japon et l'Australie, bien que ces dernières aient été prévenues à l'avance.
Ce tir, survenu le 6 juillet, a laissé parler un certain étonnement chez les observateurs et responsables politiques des pays voisins. La marine chinoise a précisé que ce test était intégré dans «les exercices militaires annuels de routine». Toutefois, les autorités n'ont pas établi de lien direct avec les exercices navals conjoints de la Chine et de la Russie, qui ont débuté le même jour près de Qingdao, selon des informations de Le Figaro.
«Ce tir ne cible aucun pays particulier», a insisté la marine chinoise dans son communiqué, avant de transmettre une «notification préalable» aux nations concernées. Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a ajouté que l'opération avait été effectuée «dans des conditions de sécurité, réglementées et professionnelles», appelant toutefois à éviter toute «surinterprétation».
Ce missile est décrit comme un «missile stratégique» avec une «ogive d'entraînement à charge simulée», tiré à 12h01 (06h01 heure française) vers «les eaux internationales du Pacifique». Pour l'heure, les informations sur sa localisation précise restent limitées.
Dans le jargon militaire, un «missile stratégique» évoque souvent un missile balistique intercontinental (ICBM), capable de frapper à des milliers de kilomètres. Un porte-parole du ministère chinois n'a pas encore confirmé si le projectile lancé était un ICBM ou un missile mer-sol balistique stratégique (SLBM), ce dernier étant souvent tiré depuis les sous-marins. Étienne Marcuz, chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, souligne que «Pékin teste régulièrement ce type de missile avec des trajets d'Est en Ouest pour que la charge retombe sur son propre territoire».
Le chercheur nuance qu'«l'événement de ce matin se distingue par une retombée dans le Pacifique, à plus de 7200 km du point de tir», ce qui permet de tester la portée maximale de l'engin. Il s'agit selon lui du «premier tir SLBM chinois à portée maximale».
Le dernier essai chinois dans le Pacifique remonte à septembre 2024, lorsque Pékin a tiré un ICBM, également sans charge nucléaire. Ce tir avait été perçu comme un signal vers les États-Unis, selon des analyses de Le Figaro.
Au-delà des simples tests, Étienne Marcuz y voit une «démonstration de crédibilité de la dissuasion chinoise» face à la compétition géopolitique croissante. Les sous-marins nucléaires, capables d'opérations en second, doivent rassurer sur la possibilité d'une riposte massive, même en cas d'attaque surprise.
Les réactions internationales n'ont pas tardé. Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a exprimé sa «profonde préoccupation» face à cette activité, qualifiant le Pacifique de «océan de paix». L'Australie a évoqué un tir «déstabilisant pour la région», alors que le Japon a exhorté Pékin à reconsidérer ses essais, soulignant «les graves préoccupations» face à l'intensification militaire chinoise.







