Le dernier conseil municipal d’Agen, qui a duré près de cinq heures, a été le théâtre d’échanges pasionnés et de reproches, faisant écho à un véritable combat politique. Ce 29 juin, les discussions ont eu lieu en simultané avec le deuxième match des Bleus lors de la Coupe du Monde, ce qui a sans doute limité l'audience du spectacle politique. Toutefois, l’enjeu n’a pas échappé aux hommes et femmes de la politique locale, pour qui chaque mot compte.
La majorité, dirigée par Laurent Bruneau, n’a pas hésité à pointer du doigt les dettes accumulées sous la précédente mandature, celle de Jean Dionis. L’opposition, quant à elle, a défendu ses choix tout en s’inquiétant de l’avenir financier de la ville, condition essentielle à tout développement. « Les chiffres peuvent dire ce que l'on souhaite », a commenté l’un des conseillers.
Un héritage à assainir
Le conseil s’est particulièrement illustré par un renouvellement des débats, avec une opposition plus virulente qu'auparavant. En effet, l’équipe de Sebastien Delbosq (RN) a clairement changé de stratégie, passant de gestes amicaux à une approche plus offensive. Lors des discussions budgétaires, Mohamed Fellah, ancien adjoint aux Finances, a réclamé des excuses officielles de la part du maire pour l’état des finances municipales. « À ce rythme, ce n’est pas 2 millions que vous allez devoir récupérer, mais 4 », a-t-il averti, soulevant ainsi les inquiétudes sur une éventuelle hausse des impôts.
Laurent Bruneau a rétorqué que son administration s’attèle à corriger les erreurs du passé, en mettant en avant un audit commandé au cabinet Klopfer. « Nous allons assainir les finances », a-t-il insisté, soulignant les 2,5 millions d’euros supplémentaires requis chaque année pour maintenir les équilibres budgétaires et répondre aux exigences environnementales croissantes.
Ce climat tendu a fait ressortir les reproches concernant les dettes laissées par l’ancienne majorité, entre dettes sociales et environnementales. Claire Rives, membre de l’opposition, a tenté de rappeler que la stratégie d’investissement mise en place résulte de choix politiques. « Notre approche financière est différente, nous avons misé sur l’avenir », a-t-elle affirmé.
Ce conseil municipal a donc bel et bien cristallisé les tensions politiques, rappelant que, derrière chaque chiffre, se cachent des choix de société. Le débat à Agen n'est pas seulement budgétaire, il est porteur de visions politiques et de conflits d'intérêts qui risquent de s'intensifier dans les mois à venir.







