Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a organisé une conférence de presse lundi 8 juin, à la Chancellerie, suite à la mort tragique de Lyhanna. Dans un effort pour renforcer la protection des enfants, il a demandé aux parquets d'inspecter toutes les plaintes liées aux délits ou crimes envers les mineurs d'ici un mois.
A l'ouverture de cette rencontre, Darmanin a rassemblé les procureurs généraux à 8h30 pour inciter à une « mobilisation générale ». Il a souligné que « tous les services de l'État, y compris le ministère de la Justice, doivent reconnaître leurs failles ». Dans un contexte de critiques accrues, il a révélé que près de 70 000 dossiers seraient révisés, indiquant que « les victimes méritent une réponse adéquate ».
« Nous allons travailler sur les 3 millions de plaintes déposées »
Selon Darmanin, tout devra être fait pour se concentrer sur les plaintes pas encore traitées : « Avant le 31 juillet, nous serons en mesure de présenter l'état d'avancement de ces dossiers ». La circulaire envoyée dans l’après-midi contiendra des directives précises pour les gendarmeries et les commissariats, signalant l'urgence du sujet.
Il a aussi annoncé des réunions avec les procureurs, leur posant la question d'éventuelles affaires similaires à celle de Lyhanna. Concernant le sujet des sanctions, il a rappelé que des conclusions seraient attendues d'ici quinze jours, sans pour autant précéder le processus d’investigation.
L’enquête autour de la mort de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé le 5 juin, a mis en lumière de graves imperfections systémiques. Par ailleurs, un pervers connu de la justice, Jérôme Barella, a été identifié comme principal suspect.
« La colère est mauvaise conseillère »
Alors que le gouvernement semble cherche à se déresponsabiliser, Frédéric Chevallier, procureur de Chartres, a rappelé que « la colère ne doit pas guider les décisions », dénonçant la mise en cause des magistrats par des acteurs politiques. Des collectifs féministes se mobilisent également, réclamant une « loi intégrale contre les violences sexuelles ». Mathilde Panot, présidente du groupe insoumis, a critiqué l’attitude de Darmanin, l’accusant d’« échapper à ses responsabilités ».
Tandis que les ministères peinent à améliorer le système judiciaire, le Syndicat de la magistrature a alerté sur la surcharge de travail des juges, qui nécessitent une réforme urgente. En France, 160 000 enfants sont victimes d'agressions sexuelles chaque année, ce qui appelle une réponse pérenne de la part de l'État.
La Ciivise a récemment appelé le gouvernement à « tirer des leçons » de la situation et à mettre en œuvre des recommandations restées sans réponse depuis 2023.







