La tragique disparition de Lyhanna entraîne de nouvelles interrogations sur l'efficacité du système judiciaire français, déjà sous le feu des critiques. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait, en 2025, sanctionné la France pour défaillances graves dans le traitement des affaires de viols sur mineurs, une situation qui semble se répéter avec ce nouveau drame.
Le président Emmanuel Macron a exprimé son indignation face à ce qu'il a qualifié d'"inacceptable" dysfonctionnement au sein de la justice. S'adressant aux médias le 5 juin 2026, il a déclaré : "Je ne veux entendre aucun argument de moyens. Il est temps de rendre des comptes sur les mesures mises en place pour protéger nos enfants".
La CEDH avait précédemment jugé que la France avait "manqué à ses obligations" dans le cadre de la protection des mineurs victimes d'agressions sexuelles. Le 24 avril 2025, elle a condamné l'État pour ne pas avoir su créer un cadre légal suffisant pour traiter efficacement ces cas délicats. Les affaires traitées par la Cour concernaient des victimes aged de 13 à 16 ans, dont les plaintes étaient restées sans réponse adéquate.
Les lacunes judiciaires mises en lumière
Les juges de la CEDH ont unanimement estimé que la France avait violé les articles 3 et 8 de la Convention européenne, qui protègent contre les traitements inhumains et garantissent le respect de la vie privée. Les victimes, selon le jugement, n'avaient pas reçu la protection appropriée de la part des autorités judiciaires.
Gérald Darmanin, alors ministre de la Justice, avait promis des réformes dans le traitement des plaintes pour viols, notamment une circulaire sur la prise en compte de la vulnérabilité des mineures. La Commission consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a insisté sur la nécessité d'une meilleure formation pour les enquêteurs afin de mieux protéger les victimes. Toutefois, l'adoption de cette circulaire demeure incertaine, et le ministre a lui-même reconnu un échec dans la protection de Lyhanna.
Des experts en sociologie et en droit soulignent l'urgence de réformer le système judiciaire afin de répondre adéquatement aux besoins des victimes, en préconisant une approche plus humaine et des ressources adaptées à ces graves problématiques. Comme l'indique Marie Durand, sociologue spécialisée dans les violences faites aux femmes, “Il est impératif d'améliorer la formation des juges et des enquêteurs, afin qu'ils comprennent mieux les enjeux liés aux agressions sexuelles sur mineurs et qu'ils puissent agir avec une plus grande diligence.”







