Après la libération de Jacques Moretti, co-propriétaire du bar Le Constellation, où 40 vies ont été fauchées lors du Nouvel an, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exprimé sa « vive indignation ». Dans un communiqué, elle dénonce cette décision de justice qui soulève des questions sur l'impartialité du système judiciaire suisse.
Meloni et le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, ont pris des mesures pour faire entendre leur mécontentement. Ils ont contacté l'ambassadeur d'Italie en Suisse pour faire part de leur désapprobation à la procureure générale du Valais, Béatrice Pilloud. La libération de Moretti, mise en liberté contre une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros), est jugée inacceptable compte tenu des lourdes accusations pesant sur lui et du risque évident de fuite, comme l'indiquent plusieurs experts judiciaires.
Une tragédie qui secoue l'Italie
La tragédie de Crans-Montana, qui a coûté la vie à six jeunes Italiens, plonge le pays dans la douleur. « Cette décision représente une grave offense aux familles des victimes », a déclaré Meloni, appelant à des mesures respectueuses de la mémoire des disparus. Elle exige que justice soit faite pour les proches des victimes qui, encore aujourd'hui, sont en deuil.
"Toute l'Italie réclame à grands cris la vérité et la justice", a insisté Meloni.
La procureure Béatrice Pilloud a tenu à clarifier que la décision de libérer Moretti ne relevait pas de son autorité mais de celle du tribunal compétent. « Je ne céderai pas à une éventuelle pression des autorités italiennes », a-t-elle déclaré à l'agence suisse Keystone-ATS.
Réactions des familles des victimes
Les réactions des proches des victimes sont poignantes. Laetitia Brodard-Sitre, mère d'Arthur, un adolescent de 16 ans victime de l'incendie, a exprimé son indignation face à cette libération. Elle se demande comment assurer la sécurité, compte tenu des possibles collusions. « Nous sommes consternés par cette décision », a-t-elle affirmé.
En parallèle, Ignazio Cassis, chef de la diplomatie suisse, a exprimé sa solidarité avec l'Italie, partageant la douleur qui unie les deux nations. « La Suisse pleure également les victimes de cette tragédie », a-t-il posté sur X.
Cette affaire remet en lumière les attentes des familles de victimes face à un système judiciaire qui, pour certains, semble défaillant. La lutte pour la justice continue de mobiliser l'opinion publique, promettant de garder cette affaire au cœur des débats judiciaires et politiques.







