Dans une décision marquante, le président syrien Ahmad al-Chareh a publié un décret reconnaissant pour la première fois les droits nationaux des Kurdes en Syrie. Cela survient dans un contexte de tensions persistantes entre le régime et les forces kurdes qui dominent le nord du pays. Grâce à cette nouvelle législation, la langue kurde devient officielle, ce qui permettra son enseignement dans les établissements scolaires. De plus, la célébration du Nowrouz, le nouvel an kurde, sera désormais observée comme un jour férié.
Dans un discours solennel, al-Chareh a affirmé que les Kurdes constituent "une partie intégrante de la Syrie" et a exprimé son engagement à respecter leurs droits. Il a encouragé cette communauté à s'investir dans le développement du pays. Ce décret comprend également des dispositions pour attribuer la nationalité aux Kurdes privés de citoyenneté à la suite d’un recensement contesté effectué en 1962, une mesure qui avait affecté près de 20% de la population kurde en Syrie.
Ce tournant survient alors que les discussions pour mettre en œuvre un accord signé en mars 2025, visant à intégrer les institutions kurdes au sein de l’État syrien, stagnent. Après avoir joué un rôle crucial dans la lutte contre l’État islamique, les forces kurdes ont renforcé leur contrôle sur de vastes régions nord et nord-est du pays durant la guerre civile.
Dans la foulée de ces évolutions, les tensions demeurent vives sur le terrain. Récemment, des combats ont éclaté à Alep, et des renforts syriens ont été déployés près de Deir Hafer. En réaction, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a indiqué sur X qu'ils avaient décidé de retirer leurs troupes, répondant à l'appel de pays alliés et de médiateurs pour se repositionner à l'est de l'Euphrate. Cela reflète un climat d'incertitude, alors que les FDS rapportent de violents bombardements dans la région.
Dans ce contexte complexe, de nombreux experts se demandent si cette reconnaissance des droits kurdes est une véritable avancée ou une manœuvre politique visant à renforcer la légitimité d'un régime de plus en plus contesté. Selon les analyses du journal Le Monde, cela pourrait signaler un tournant dans les relations entre le gouvernement syrien et la population kurde, mais les défis restent nombreux.







