AIX-EN-PROVENCE (AFP) – Cyril Zattara, un hypnothérapeute de 47 ans, a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir violé quatorze femmes qu’il avait droguées, la plupart du temps dans son domicile. Cette peine comprend un suivi socio-judiciaire de dix ans après sa libération.
Jugé par la cour criminelle des Bouches-du-Rhône depuis le 5 janvier, il a été reconnu coupable de viols aggravés, avec des juges qualifiant la nature sérielle de ses crimes, ce qui a réjoui les avocates des victimes. Me Marylou Diamantara, avocate de plusieurs parties civiles, a salué la reconnaissance du caractère répétitif des viols, bien que la loi ne semble pas toujours s'adapter à ces situations.
Les juges ont également imposé des mesures strictes. En cas de non-respect de son suivi socio-judiciaire, il pourrait écoper de cinq années supplémentaires.
Les crimes remontent à plus de dix ans, période pendant laquelle Zattara a utilisé des somnifères pour droguer ses victimes. En plus des viols, l’accusé a tenté d'effacer les traces de ses actes en filmant des femmes à leur insu dans les moments les plus intimes. Lors de son procès, Zattara a admis avoir drogué d’autres femmes et a, par la suite, divulgué une quinzaine de nouveaux noms de victimes, selon le président de la cour, Roger Arata.
Les avocats de défense ont plaidé pour une perception moins sévère à l’égard de Zattara, évoquant une enfance difficile, marquée par des influences pernicieuses. Me Dorine Sekly-Livrati a décrit son client comme un produit d’un environnement toxique, nourri de contenus pornographiques qui exacerbaient des tendances violentes.
Cette affaire soulève d'importantes questions sur la protection des victimes et les lacunes dans les procédures judiciaires. En effet, plusieurs plaintes précédentes ont été classées sans suite, et il a fallu attendre des délais considérables pour qu’une enquête aboutisse. Des voix s’élèvent pour dénoncer ces manquements judiciaires qui ont permis la réitération des crimes sur près de deux décennies.
Face à l'ampleur des accusations, le procureur a requis une révision de la situation de Zattara à l'issue de sa peine en cas de risque de récidive, une mesure de précaution qui illustre la gravité des actes commis. La prise de conscience publique et médiatique autour de ces crimes doit servir à améliorer les protections pour les victimes et à garantir que les agresseurs soient tenus responsables de leurs actes.
Cette affaire choquante rappelle que tous les milieux, y compris ceux considérés comme « thérapeutiques », doivent être des espaces sûrs. La confiance dans les professionnels de santé est essentielle, et des scandales comme celui-ci soulèvent d'importantes réflexions sur la réglementation de ces pratiques en France.







