Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est retrouvé à la croisée des chemins dans la gestion du budget 2026. Malgré une présentation de nouvelles mesures visant à améliorer le pouvoir d'achat et le logement, il n’a pas indiqué s’il opterait pour le 49.3 ou une ordonnance, alors que les discussions avec le Parti Socialiste (PS) se poursuivent.
Au cours de sa communication vendredi, Lecornu a mis sur la table une série de propositions destinées à séduire la gauche, telles que l'augmentation du barème de l'impôt sur le revenu et un supplément de 50 euros sur la prime d’activité, qui concerne plus de trois millions de ménages. Cette dernière mesure coûtera près de 2 milliards d'euros par an, d’après son entourage. En matière de logement, 400 millions d'euros supplémentaires seront alloués aux bailleurs sociaux, abandon du gel des allocations logements (APL) compris.
Le PS, tout en saluant ces avancées, a exprimé le besoin de discussions supplémentaires, tandis que des partis comme La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) ont critiqué le budget comme « catastrophique » et ont accusé le gouvernement de vouloir bâillonner le débat (source : Le Monde).
« Les mesures sont insuffisantes et ne répondent pas aux enjeux réels de notre société », a réagi le député LFI Eric Coquerel sur BFMTV. De son côté, Marine Le Pen a rétorqué à Lecornu, lors d’un meeting à Marseille, en qualifiant ses méthodes de "Caliméro", insinuant un manque d’autorité dans le processus décisionnel.
Alors que le Premier ministre doit trancher d’ici mardi, les options à sa disposition restent délicates. Le 49.3 permettrait d’adopter le budget sans vote, mais exposerait le gouvernement à des motions de censure. À l’inverse, une ordonnance, bien que moins traditionnelle, offrirait une marge de manœuvre, même en cas de censure ultérieure, ce qui constitue une solution inédite (source : Franceinfo).
Les discussions budgétaires doivent reprendre mardi après-midi, laissant peu de temps à Lecornu pour négocier une issue favorable avant un éventuel vote. La pression est palpable, non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour les députés de l’opposition qui cherchent à se positionner dans le débat budgétaire crucial pour l'avenir politique de la France.







