CETA et viande canadienne : une menace pour l'agriculture française ?

Quelles vérités se cachent derrière les craintes liées à l'accord CETA ?
CETA et viande canadienne : une menace pour l'agriculture française ?

Depuis plusieurs semaines, le CETA (Accord économique et commercial global) entre l'Union européenne et le Canada est à nouveau sous les projecteurs. Considéré par certains comme une menace pour l'agriculture française, cet accord alimenterait les craintes d'une afflux de viande bovine canadienne à bas prix, jugée moins réglementée en matière de normes sanitaires. Cependant, les données officielles viennent contredire ces croyances populaires.

Signé en 2016 et appliqué depuis septembre 2017, le CETA établit un quota d'importation pour la viande bovine canadienne de 65 000 tonnes par an. Mais, d'après les informations des douanes européennes, moins de 5% de ces quotas sont effectivement utilisés. Cela signifie que la viande canadienne représente moins de 0,6% de la consommation totale en Europe, affirmant ainsi qu'"il n'y a pas d'invasion de viande bovine canadienne", selon le sénateur Vincent Louault, cité par Public Sénat.

Alors pourquoi cette faible utilisation des quotas ? Pour commencer, les importations doivent se conformer à des normes strictes imposées par l'Union européenne, incluant l'absence d'hormones de croissance, une traçabilité complète et des contrôles vétérinaires approfondis. De plus, le marché européen ne présente pas un attrait suffisant pour les producteurs canadiens, notamment en raison des coûts logistiques élevés pour exporter vers l'Europe.

Parallèlement, certaines industries françaises ont su tirer profit de l'accord CETA. Les exportations de produits français, tels que le vin, les fromages et les produits laitiers, ont en effet enregistré une hausse significative. Des experts soulignent que cet équilibre pourrait même renforcer la position de l'agriculture française sur la scène internationale.

Côté politique, la situation du CETA reste délicate. Bien qu'il ait été ratifié par l'Assemblée nationale en 2019, il a été rejeté par le Sénat en 2024. Cela signifie que tant qu'un seul État bloque l'accord, le CETA demeure en statut provisoire, laissant place à de potentielles tensions futures.

En fin de compte, l'idée d'une 'invasion' de viande canadienne semble davantage relever d'une perception erronée que d'une menace réelle. Les chiffres et les faits démontrent une réalité bien différente, marquant un besoin crucial d'informations fiables et d'évaluations équilibrées des accords commerciaux dans le contexte actuel.

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