Les leaders de l'Union européenne et du Mercosur, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont récemment convenu d'un nouvel accord commercial marquant un tournant important dans les relations entre ces régions. Cet accord, qui sera officiellement signé à Asuncion, au Paraguay, représente la fin de plus de 25 ans de négociations.
Cette entente établit l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, une initiative accueillie avec enthousiasme par Lula qui la qualifie de “très bonne” pour promouvoir le multilatéralisme. Il a ajouté que cet accord constitue un exemple de coopération bénéfique pour tous, affirmant que “la prospérité réelle naît de l'ouverture et des partenariats.”
Néanmoins, l'accord suscite des inquiétudes, notamment au sein du secteur agricole français, qui redoute une concurrence accrue des produits sud-américains tels que le bétail, le sucre et le soja. Des voix critiques, comme celle de l'eurodéputé français Jean-Pierre Audy, soulignent que “l'accord pourrait menacer notre agriculture locale.”
Comme l’a noté le site d'information France 24, les implications de cet accord vont au-delà du commerce. En plus de favoriser les exportations européennes de voitures, de machines et de produits laitiers, il a également pour effet de faciliter l'entrée sur le marché européen de produits agricoles d'Amérique du Sud, alors que des quotas d'importation sont prévus.
La présidente von der Leyen a souligné l'importance d'une telle coopération dans un contexte international marqué par le protectionnisme croissant, notamment suite aux politiques commerciales mises en place par l'administration Trump. Elle a aussi mis en avant des valeurs communes entre l'UE et le Mercosur, telles que le respect des droits humains et la démocratie, des points de vue que partagent de nombreux analystes politiques.
Alors que l'accord attend encore une ratification par le Parlement européen, des experts suggèrent que les débats pourraient être intenses, étant donné les positions divergentes au sein des députés. Toutefois, une majorité semble en faveur de cette initiative.
Dans le même temps, cette alliance entre l'Europe et l'Amérique du Sud pourrait être renforcée par un futur accord portant sur des matières premières critiques, selon von der Leyen, cette dynamique s’inscrit dans le cadre d’investissements conjoints dans des secteurs clés comme le lithium, le nickel et les terres rares, jugés essentiels pour la transition écologique et numérique.
Avec les turbulences géopolitiques actuelles, notamment à la suite de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, cette étape marque une nouvelle ère pour l'Amérique du Sud. Alors que les pays de la région tentent de trouver un équilibre, cet accord commercial ouvre des horizons tant pour les marchés que pour la diplomatie internationale.







