Deux responsables syndicaux agricoles ont été placés en garde à vue mercredi à Toulouse, suite à l'organisation d'une manifestation déclarée interdite par les autorités. Lionel Candelon, président de la chambre d'agriculture du Gers et figure de la Coordination rurale (CR), ainsi que Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, ont été interpellés par les forces de gendarmerie après qu'une quinzaine de tracteurs aient bravé l'interdiction préfectorale.
« Malgré les tentatives de museler notre mouvement, nous avons réussi à faire entendre notre voix », a déclaré Candelon dans un message, faisant référence à la manifestation qui a eu lieu la nuit dernière. Les engins agricoles ont pris d'assaut le centre de Toulouse, se stationnant longuement près de la préfecture, avant d'être escortés vers la périphérie par des forces de l'ordre au petit matin.
Le procureur de Toulouse, David Charmatz, a confirmé que les arrestations ne se limitaient pas qu'aux responsables syndicaux ; deux autres agriculteurs ont également été appréhendés pour des raisons de dégradations et de refus d’obtempérer. Les tensions étaient palpables, alors que les manifestants s'étaient engagés à poursuivre leur action jusqu'à la libération des interpellés.
Un porte-parole de la CR a condamné l'arrestation de Candelon, la qualifiant de « scandaleuse ». Ce dernier a été arrêté lors d'une action proche de l'aéroport de Toulouse, où une trentaine de tractors étaient rassemblés pour soutenir le mouvement. « On se sent traités comme des malpropres, tandis que d'autres syndicats bénéficient d'un traitement de faveur », a déploré Eric Lasbats, de la CR du Gers.
En réponse à la mesure préfectorale interdisant les manifestations à Toulouse et dans sa périphérie, un groupe d'agriculteurs a temporairement bloqué l'autoroute A64, déversant pneus et paille sur la chaussée, mais ce barrage a été levé par les autorités. La situation a entraîné des comparaisons avec d'autres mouvements sociaux en France, où certaines organisations semblent bénéficier d'une plus grande tolérance aux manifestations.
À l’heure où la pression sur les agriculteurs croît, des experts affirment que ce type de mobilisation pourrait devenir plus courant, à mesure que les enjeux liés à l'agriculture durable et aux conditions de travail des agriculteurs se font sentir. « Ce qui se passe ici à Toulouse pourrait être le signe d'une crise plus large dans le secteur agricole », souligne un analyste du réseau de coopération agricole.







