Lionel Candelon, un visage connu de la Coordination rurale (CR), a été arrêté le 14 janvier lors d'un blocus agricole près de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Selon le procureur de la République, cette interpellation s'inscrit dans une enquête portant sur des faits d'«entrave à la circulation» et «organisation d'une manifestation interdite».
Le préfet de Haute-Garonne avait émis un arrêté interdisant «la manifestation revendicative» de ce jour, prévue par plusieurs syndicats agriculteurs. Candelon a été arrêté alors qu'il participait à un blocage sur un rond-point menant à l'aéroport, au milieu d'une quinzaine de tracteurs. Éric Lasbats, porte-parole de la CR du Gers, a fustigé cette interpellation, la qualifiant de «scandaleuse».
Les agriculteurs mobilisés ont déclaré leur intention de maintenir la pression jusqu'à la libération des personnes arrêtées, dont deux autres agriculteurs. Dans la nuit précédant la manifestation, plusieurs tracteurs avaient bravé l'interdiction en s'introduisant dans le centre de Toulouse, avant d'être évacués par les forces de l'ordre aux premières lueurs du jour.
Candelon avait exprimé sa satisfaction dans un message à l'AFP, faisant état de l'arrivée de leurs tracteurs dans la ville, tout en dénonçant le traitement réservé aux agriculteurs à Toulouse : «À Paris, ils ont tapis rouge, tandis qu’ici on nous casse les vitrages». La tension est palpable alors que le climat des échanges avec le gouvernement reste tendu, comme le souligne Vincent Arbusti, porte-parole de la CR.
Un autre groupe d'agriculteurs a également bloqué l'autoroute A64, déversant pneus et paille près du périphérique, perturbant temporairement le trafic. Bien que la préfecture ait assuré que ce blocage a pris fin, le climat d'exaspération est palpable parmi les agriculteurs, qui dénoncent le silence du gouvernement face à leurs revendications.
En effet, de nombreux agriculteurs se sentent laissés pour compte dans la gestion des crises qui touchent leur secteur, notamment les politiques commerciales agressives, comme l'accord du Mercosur, qui impacts leurs conditions de travail. Le Figaro rapporte que ce sentiment d'abandon pourrait alimenter encore davantage la colère des agriculteurs dans les jours à venir.







