À Mende, une trentaine d'agriculteurs ont fait front, bloquant l'accès des camions frigorifiques transportant de la viande. Regroupés à bord de leurs tracteurs, ils ont calmement invité les chauffeurs à stationner sur une aire de repos, dans le but symbolique mais déterminant de vérifier l'origine des produits et d’alerter sur les risques associés aux accords Mercosur pour l’agriculture française.
"Cette mobilisation est cruciale alors que les accords du Mercosur sont sur le point d'être ratifiés. Nous devons agir maintenant !" affirme Jean-François Maurin, président de la FDSEA de Lozère. Ces accords, selon lui, constitueraient une concurrence déloyale pour les éleveurs français. "Depuis 25 ans, nous luttons contre cette menace. L’entrée de viande issue de pays ne respectant pas les mêmes normes pourrait entraîner une chute des prix pour nos éleveurs".
Les syndicats mettent l'accent sur l'importation de viandes produites avec des substances strictement interdites en Europe, telles que les hormones de croissance. "Nous avons des normes sanitaires pointues. Pourquoi autoriser des produits qui ne les respectent pas ? C'est inacceptable !" insiste Jean-François Maurin, soulignant les implications en matière de santé publique et de sécurité alimentaire pour les consommateurs.
Défenseurs de la production locale, les agriculteurs de Lozère revendiquent une viande de qualité, conforme à des standards environnementaux rigoureux. "Les consommateurs ont le droit de savoir ce qu'ils mangent !" lancent les manifestants, réclamant plus de transparence.
Pour Hervé Boudon, président des Jeunes Agriculteurs de Lozère, ce combat va au-delà des frontières françaises. "On nous impose des normes strictes en France, alors qu’on veut laisser entrer de la viande, notamment bovine, produite sous des conditions disparates", déplore-t-il.
Un vote crucial est prévu au Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier, offrant une chance pour bloquer ces accords pendant au moins 18 mois. "Notre mobilisation est essentielle. Nous sommes en discussion avec d'autres pays européens comme la Pologne, l'Espagne et l'Italie pour opposer une résistance collective à cette initiative", conclut Hervé Boudon. Cette dynamique de contestation révèle l’engagement croissant des agriculteurs français pour protéger leur production face à une réglementation jugée inégale sur la scène mondiale.







