Ce mercredi, un tribunal de Lappeenranta a condamné Risto Riihimaki à trois ans et huit mois de prison, en raison de l’exportation de 164 camions et remorques vers la Russie, en contravention avec les sanctions imposées par l’Union Européenne après l'invasion de l'Ukraine. La société de Riihimaki a effectué ces livraisons durant 2022 et 2023, malgré les restrictions en vigueur.
La frontière entre la Finlande et la Russie, qui s'étend sur 1 340 kilomètres, est officiellement fermée depuis décembre 2023, suite à une augmentation des tentatives d'entrée non autorisée de migrants. Pourtant, l’entrepreneur a affirmé que les camions étaient destinés au Kazakhstan ou à la Turquie, transitant par la Russie. Les autorités judiciaires ont démontré que ces camions ont en réalité été dédouanés en Russie par une société spécialisée dans l'importation et la revente de véhicules, ce qui a conduit à la condamnation.
Le tribunal a considéré son acte comme "exceptionnel par sa nature et son ampleur", entraînant une amende conséquente de 10 000 euros pour l’entreprise, en plus de la restitution de 608 275 euros au titre de l'État et 6 millions d'euros pour la valeur des biens exportés, selon les informations rapportées par les douanes finlandaises.
Le mécanisme de contournement des sanctions
Riihimaki, en détention provisoire depuis mars dernier, a nié toute faute et soutient avoir été dupé. La décision est susceptible d'appel, ce qui pourrait retarder l'application de sa peine. Des experts en droit commercial s'interrogent sur les mécanismes de contournement des sanctions, pointant du doigt les réseaux de distribution parallèles qui se forment autour des mesures restrictives. Des voix s'élèvent pour rappeler l'importance de renforcer la surveillance des exportations afin d'éviter une telle situation à l’avenir.







