En proie à des attaques de missiles et de drones iraniens, Dubaï, jadis perçu comme un havre pour des millions d'expatriés, a subi de lourdes pertes dans le cadre du conflit. Aujourd'hui, l'émirat s'efforce de se relever.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription d'un reportage. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
À seulement 150 kilomètres, l'Iran voit les tensions militaires avec les États-Unis s’intensifier. Cependant, à Dubaï, la tranquillité semble revenir, même avec la présence de quelques touristes, tels que ces Français en vacances. Bien que leurs réservations aient été effectuées avant le conflit, l’inquiétude était forte. Une des voyageuses témoigne : "J’étais prête à tout annuler. Mais mon compagnon a insisté pour que nous attendions les nouvelles de l’agence de voyage."
Ces visiteurs semblent être parmi les premiers touristes français à Dubaï depuis le début de la guerre. Officiellement, les Émirats sont encore classés en zone orange par le Quai d'Orsay. Sur la Marina, de nombreux endroits habituellement animés sont désertés. Stéphanie Neuer, directrice de SCN Travel & Morer, attend avec impatience le retour des compagnies aériennes européennes. "Sans vols, pas de touristes. Emirates a repris ses vols à pleine capacité et nous espérons que les autres suivront rapidement", confie-t-elle.
Un manque à gagner dans le tourisme estimé à plusieurs centaines de millions d'euros
Accompagnant une équipe de France Télévisions dans l’un de ses restaurants français encore fonctionnels, "La Brasseria", le chef pâtissier David Croiser constate une baisse de 40 % de son chiffre d'affaires. Pour lui, la clé de la relance est simple : "Il faut la paix, point. C’est la seule solution pour que les touristes reviennent." Les estimations des experts tablent sur un manque à gagner dans le secteur du tourisme de plusieurs centaines de millions d'euros. De nombreux établissements, en particulier les prestigieux, ont préféré fermer temporairement pour des travaux de rénovation. "Le Burj Al Arab, symbole de Dubaï, est actuellement fermé après avoir été touché par un drone au début du conflit. Au total, une dizaine de palaces de luxe ont fermé leurs portes, faute de clientèle", indique Nicolas Bertrand, correspondant à Dubaï.
De premiers signes de reprise économique
Avant le début des hostilités, Dubaï comptait plus de 45 000 expatriés français. Bien que plusieurs milliers aient quitté le pays, une majorité est restée. Des signes de reprise économique sont visibles, surtout dans le secteur de l'immobilier. Une famille toulousaine a choisi d'acheter un appartement à Dubaï, optimiste quant à la résilience de l'émirat. "Nous avons observé les efforts déployés, qui ont déjà porté leurs fruits pendant le conflit. La paix est essentielle", a déclaré Jean-Philippe Diez, un commercial dans l’aéronautique.
Camille Blanco, agent immobilier chez dubai-immo.com, ajoute : "Il est clair qu’il y a une nécessité de réassurance. Une ville touchée par la guerre présente des défis à relever." Actuellement, Dubaï attire de nouveaux investisseurs en quête de bonnes affaires, pariant sur un avenir incertain au cœur du Moyen-Orient.







