Une circulaire émise le 7 mai invite les ministres à prendre des mesures pour réduire les activités nécessitant des carburants. Le télétravail serait ainsi favorisé pour limiter les déplacements.
Dans le contexte actuel de forte inflation des coûts des carburants, le gouvernement a sollicité, le 7 mai dernier, les administrations publiques à adapter le mode de travail de leurs agents. Cette demande émane d'une circulaire signée par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et vise à répondre à l'augmentation des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.
Ce texte incite les ministres à envisager des « possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail », en particulier pour les agents utilisant leur véhicule personnel pour se rendre au travail. Le ministère des Finances précise que le télétravail ne peut excéder trois jours par semaine pour un agent à temps plein.
Par ailleurs, David Amiel a demandé de « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables ». Cela implique que réunions, formations et séminaires doivent se dérouler en visioconférence ou audioconférence.
« On ne peut pas faire n’importe quoi avec les finances publiques »
Les déplacements devront se limiter à « seules missions qui ne peuvent être ni différées ni assurées à distance » et qui « conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ». Ceci concerne en particulier les interventions urgentes et les missions d’inspection, selon le texte. Le ministère souligne aussi l'importance d'informer les agents sur les dispositifs d'aide, comme l'indemnité carburant de 50 €, destinée aux travailleurs modestes qui parcourent de longues distances, pour ceux qui y sont éligibles.
La CGT, première organisation syndicale de la Fonction publique, a réagi à ces nouvelles mesures, estimant qu'elles vont « réduire de manière inacceptable l’exercice des missions de service public de l’État ». Le syndicat a souligné que « le versement de l’indemnité carburant et les trois jours de télétravail ne sauraient suffire » pour compenser cette limitation. La CGT réaffirme ses revendications pour des augmentations salariales et un dégel de la valeur du point d’indice qui détermine en partie la rémunération des agents.
Concernant une éventuelle généralisation des aides sur le carburant, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a affirmé qu'il est « pleinement conscient » de la « pression sur le pouvoir d’achat » causée par la hausse des prix. Néanmoins, il a défendu la nécessité d’un équilibre budgétaire en déclarant qu'il n'y a « pas d’argent magique » pour résoudre cette situation.
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