Toutes les collectivités locales, associations, et riverains s'opposent à ce qu'ils appellent la "Grande Muraille de Chine" de Perpignan. Pourtant, la SNCF poursuit son projet sans relâche. Mercredi dernier, une réunion au Soler a permis aux opposants de faire entendre leur voix.
Ce débat public, dédié à la future ligne à grande vitesse reliant Montpellier à Perpignan d'ici 2040, a rassemblé de nombreux participants. L'objectif est de connecter la voie haute vitesse à celle déjà opérationnelle vers Barcelone, un projet estimé à 800 millions d'euros, mais qui pourrait largement dépasser ce chiffre, avec des projections allant jusqu'à 1,5 milliard.
Une évidence pour le maître d'ouvrage
Le contournement affectera fortement plusieurs communes environnantes, telles que Baho et Peyrestortes, où la qualité de vie est prisée. Stéphane Lubrano, responsable du projet LGV, souligne que les échanges de fret entre la France et l'Espagne pourraient tripler dans les années à venir. Ce contournement devrait permettre de désengorger la gare de Perpignan et promouvoir le transport ferroviaire de passagers.
Pour les équipes de SNCF, ce contournement est une nécessité. Il est destiné à assurer un raccordement fluide entre la nouvelle ligne qui descendra des Corbières et celle existante vers Barcelone.
Cependant, lors de la réunion, l'inquiétude était palpable. La plupart des participants s'opposent fermement à ce projet, qui pourrait détruire des terres agricoles et diviser des villages, tout cela pour un transport essentiellement de fruits et légumes en provenance d'Espagne ou du Maroc.
La maire du Soler, Armelle Revel-Fourcade, a annoncé la nécessité de faire appel à un cabinet d'expertise pour évaluer la viabilité de cette solution, rappelant que son conseil municipal a systématiquement voté contre le projet.
Une mise à sac des terres cultivables et des villages pour les opposants
Louis Aliot, président de Perpignan Méditerranée Métropole, confirme que tous les maires des communes impactées s'opposent à ce projet, refusant de sacrifier leur terroir et qualité de vie. Le cœur de Perpignan, où se trouve la gare TGV, pourrait se retrouver éloigné des liaisons rapides vers Barcelone si ce contournement voit le jour.
Jean Marc Pujol, ancien maire de Perpignan, met en garde contre les études économiques qui ont conduit par le passé à des échecs, persuadé que ce projet n’aboutira jamais.
Un habitant a également ironisé sur la séance de concertation, exprimant que cela ressemblait plus à une imposition qu’à un véritable échange. Des voix se sont élevées évoquant les souvenirs de projets infructueux passés, comme l'installation de pylônes géants dans le Vallespir, témoignant d'une méfiance persistante.
Alors que le débat autour de ce contournement ferroviaire se poursuit, les perspectives d'un projet fortement contesté se dessinent, laissant de nombreuses interrogations sans réponse.







