Un foyer d'hantavirus a été signalé à bord du navire MV Hondius, entraînant le décès de trois passagers. Le navire se dirige maintenant vers les Canaries. Bien que plusieurs cas aient été identifiés parmi les passagers et l'équipage, l'origine de la contamination et la dynamique de sa propagation demeurent floues.
Ce virus, peu connu du public, associé à une contamination dans un environnement confiné, pourrait provoquer une certaine inquiétude, surtout après l'impact de la pandémie de 2020. Cependant, l'OMS souligne que l'hantavirus ne présente pas le même niveau de menace que le Covid-19 et que le risque général pour la santé publique est considéré comme faible.
Une maladie rare mais connue
Ce futur agent pathogène a déjà été identifié par les scientifiques. "Les hantavirus sont souvent présents chez certains rongeurs, tant dans les forêts que dans les milieux urbains", explique le ministère de la Santé sur son site. Leurs cas sont relativement rares en France, avec une centaine de cas recensés par an, alors que d'autres pays connaissent des chiffres plus élevés.
Le premier passager néerlandais touché par le virus, qui a développé des symptômes le 6 avril, avait récemment voyagé en Amérique du Sud, selon l'OMS. À ce jour, 42 nouveaux cas ont été reportés en Argentine depuis le début de l'année.
Un faible taux de contagion entre humains
Les hantavirus se transmettent principalement par contact avec des rongeurs infectés, via leur saliva, urine ou excréments. Peuvent également conduire à une contamination par inhalation de poussière contaminée. Sur les 38 souches connues, seulement celle des "Andes" peut entraîner une transmission interhumaine, détectée récemment chez certains passagers hospitalisés à l'étranger.
Le risque de transmission entre humains est cependant réduit et exige des conditions de proximité exceptionnelles. L'infectiologue Vincent Ronin souligne que les cas confirmés concernent majoritairement des interactions familiales proches ou des situations hospitalières.
Pour mettre les choses en perspective, le hantavirus est notablement moins contagieux que le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19, qui se propage aisément par des gouttelettes respiratoires.
Des symptômes variés
Les infections par hantavirus présentent des symptômes semblables à ceux d'une grippe, comme la fièvre et des douleurs musculaires. L'incubation peut durer jusqu'à six semaines, contrastant avec les 14 jours en moyenne observés pour le Covid-19.
Il existe deux formes cliniques principales : la fièvre hémorragique, plus fréquente en Europe, et le syndrome cardio-pulmonaire, généralement plus sévère en Amérique, avec des taux de mortalité pouvant atteindre 60% pour certaines souches.
L'OMS rassure concernant l'épidémie
L'OMS a déclaré que le foyer d'hantavirus sur le navire de croisière ne constitue ni "le début d'une épidémie", ni "celui d'une pandémie". Maria Van Kerkhove, responsable de la prévention des épidémies à l'OMS, rappelle l'importance de continuer à investir dans la recherche sur des agents pathogènes comme le hantavirus.
Elle ajoute que la situation devrait rester sous contrôle si les mesures de santé appropriées sont appliquées, tout comme le souligne Abdi Rahman Mahamud de l'OMS. En effet, le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également exprimé que le risque pour le monde extérieur reste faible et qu'il n'anticipait pas une évolution similaire à celle des premiers jours du Covid-19.







