Un rapport interne des Forces armées canadiennes met en lumière des tensions préoccupantes au sein de certaines promotions de formation. Cela fait suite à l'accueil massif de recrues récemment établies au Canada, conséquence d'une assouplissement des critères de recrutement.
Selon un document que Juno News a pu examiner, des tensions émergent suite à l'intégration de nombreux résidents permanents, autorisés à rejoindre les forces armées depuis 2022. Depuis l'assouplissement des règles en octobre 2024, les forces armées canadiennes peinent à gérer l'intégration de ces nouvelles recrues.
Le rapport, rédigé en janvier par le lieutenant-colonel M.R. Kieley, commandant de l'École de leadership et de recrues des Forces canadiennes, documente une promotion de plus de 1 000 nouveaux résidents arrivés en début 2025. Parmi eux, une section francophone présentait 83 % de résidents permanents, dont certains venaient d'arriver au Canada depuis à peine trois mois, entraînant un “choc culturel” significatif.
Des tensions à l'intérieur des promotions
Le rapport indique que ces tensions se manifestent par des accusations de racisme et des confrontations intergroupes, notamment entre candidats venant du Cameroun et de la Côte d'Ivoire. En outre, les promotions anglophones, malgré les mêmes défis d'intégration, rencontrent surtout des lacunes physiques, mais s'adaptent plus rapidement à l'environnement militaire.
Les difficultés relevées vont au-delà de la langue. Certaines recrues affichent des capacités d'expression verbale limitées, et la perception de la carrière militaire semble déformée, considérée par certains comme un simple emploi de fonction publique. Les problèmes comportementaux, notamment dans la dynamique de genre, sont également soulignés. Comme l'indique le rapport : "Pour de nombreux candidats, c’est la première fois qu’ils côtoient des membres du sexe opposé", créant des défis dans l'égalité.
Un questionnement sur les critères de recrutement
Les instructeurs affectés à ces sections sont parmi les plus touchés par les difficultés soulignées. Certains se questionnent sur la pertinence de promouvoir des candidats qui ne sont pas encore citoyens canadiens. Le rapport recommande ainsi de réinstaurer des tests linguistiques pour les résidents permanents et les nouveaux citoyens, ainsi que de limiter leur présence dans des promotions à 20 ou 25 %.
Le retour des tests d’aptitude et un filtrage plus rigoureux des candidats mentionnant des antécédents de santé mentale sont également proposés. D'autres solutions évoquées incluent le rétablissement d'épreuves physiques dans le processus de recrutement. La fuite de ce rapport survient alors que le gouvernement canadien se réjouit d’avoir dépassé ses objectifs de recrutement pour la deuxième année consécutive, en mettant particulièrement l’accent sur l’inclusion des minorités visibles et des populations autochtones.







