Les bergers des Pyrénées-Orientales ont franchi un cap en fondant le "syndicat des pâtres des Pyrénées catalanes CGT", une première dans le département. Ce syndicat vise à répondre aux nombreux défis auxquels ils font face : réparations des infrastructures, aides pour se ravitailler et s'équiper, et bien d'autres revendications essentielles.
Trois bergers, avec le soutien de l'union départementale CGT, se mobilisent pour améliorer leur quotidien. Ils aspirent à sortir de l’isolement et à faire entendre leurs préoccupations concernant des conditions de travail dignes.
Le sentiment d'être invisibilisé
Le stéréotype du berger, souvent perçu comme un homme tranquille au milieu de la nature, est une image que Samy, un berger expérimenté du massif du Canigó, souhaite nuancer. Il déclare : "Nous avons besoin de conditions de travail dignes, de cabanes en bon état et d'une prime d'équipement mensuelle. En Ariège, cette prime est de 120 euros, il est temps que nous l'ayons aussi ici."
La crise de la dermatose nodulaire a notamment accéléré sa volonté de s'organiser. "Les médias se sont souvent concentrés sur le salariat, mais nous, les éleveurs, avons été oubliés. Après l'abattage de mes vaches cette année, je dois à présent repartir de zéro sans véritable accompagnement", confie-t-il.
Un métier difficile et accidentogène : "je me suis cassé une côte"
Robin, un collègue berger en Cerdagne, abonde dans le sens de Samy, alors qu'il met en lumière les risques inhérents à leur métier. Il explique : "Nos journées sont loin d'être faciles. Nous sommes soumis à des conditions climatiques extrêmes et souvent nous travaillons dans des abris vétustes avec un réseau de communication médiocre." Il précise que son rythme de travail est tel qu'il ne dispose que de deux jours de repos tous les quarante jours, rendant l'accès à des courses essentielles très compliqué.
Sophie, vachère à Puyvalador, témoigne également des dangers de leur métier, révélant : "Je me suis cassé une côte après avoir été frappée par une vache, et pourtant je continue. J'ai appris sur le terrain et j'aimerais bénéficier de formations pour mieux gérer les animaux." Ce collectif de bergers aspire à établir une “convention collective spécifique” qui reconnaîtrait et valoriserait leurs heures de travail. Pour que leurs revendications soient entendues, ils doivent rallier d'autres bergers de la région, une tâche qui semble ardue mais nécessaire.







