La chambre de l’instruction de Toulouse a récemment confirmé le maintien en détention d’un sexagénaire accusé de viols et d'agressions sexuelles sur des mineurs, notamment dans sa propre famille. Condamné en 2005, il reste incarcéré jusqu'à son procès prévu pour fin 2026, tout en continuant de nier ces atrocités.
Cette assistante maternelle de 42 ans, dont le témoignage a été relayé par La Dépêche, a décidé de parler après des années de silence. "Je m’étais promis de ne jamais le dire. Je ne pensais pas pouvoir un jour dévoiler ce secret", confie-t-elle. Toutefois, face à l’ampleur des accusations, le besoin de témoigner est devenu impératif.
Des agressions suivies d'un cycle de violence
Lorsqu'elle n'était qu'une jeune adolescente, cette mère a subi les premiers attouchements de la part de son père. Dans une atmosphère autoritaire, celui-ci a su manipuler ses victimes, alternant douceur et dureté. "Il a conditionné nos vies pour faire de nous ses marionnettes", se souvient-elle. Les abus se sont intensifiés au fil du temps, mais adolescente, elle n'a pas cherché à dénoncer les crimes de son père.
En 2005, alors que son père est condamné pour des faits similaires vis-à-vis d'une de ses amies, elle a même pris sa défense. Ce n'est que plusieurs années plus tard, en apprenant que sa propre fille avait subi des violences similaires, qu'elle a trouvé la force de se manifester.
La douleur d'un constat accablant
Le choc a été insoutenable lorsqu’elle a découvert que sa fille de 8 ans était également victime de son grand-père. "Quand ma sœur m’a décrit la méthode, j’en ai eu des frissons. C’était identique au processus que j’avais connu", raconte-t-elle. Le grand-père, selon ses dires, achetait le silence de ses petites-filles avec des menus au fast-food en échange de massages.
"Le choc a été immense. J'ai même pensé mettre fin à mes jours en prenant conscience de tout cela. Une culpabilité pèse sur moi. Ma fille bénéficie aujourd’hui d’un suivi psychologique", avoue-t-elle, visiblement anéantie par l'horreur de la situation.
Un acte de bravoure face à l'ignominie
En 2022, forte de son vécu et de celle de sa fille, elle a finalement décidé de porter plainte. L’enquête a mis à jour de nombreux témoignages d'autres victimes du sexagénaire, qui aurait également accumulé des contenus pédopornographiques, la majorité des victimes étant des proches.
La confrontation avec son père a été éprouvante, mais a aussi été un révélateur : "Le voir nier les faits devant le juge m’a confortée dans l’idée que j'avais pris la bonne décision pour protéger ma famille. C’est une personne impulsive et dangereuse. J’espère qu’il ne sortira jamais", a-t-elle déclaré.
Maintenant, elle se bat non seulement pour sa propre guérison, mais également pour celle de sa fille, qui continue de suivre une thérapie, tandis qu'elle peine à financer la sienne.







