Le procès de Jérôme Verin s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de Pau, concernant l'agression mortelle d'un participant lors des fêtes de Bayonne en juillet 2024. Dès la première journée, la défense de Verin se révèle fragile face à des témoins affirmant ne pas avoir entendu de propos racistes émanant de la victime.
Des images issues des caméras de surveillance de la ville, présentées par la présidente Emmanuelle Adoul, montrent des événements tragiques s'étant déroulés en quelques instants. Le 11 juillet 2024, Éric Courdy, la victime, attendait un bus lorsque, après une altercation, il a été frappé à plusieurs reprises par Verin. Le procès s'annonce difficile pour l'accusé, comme le souligne Me Alain Astabie, avocat de la famille de la victime : "Il n’y a plus de doute sur la violence des faits et la responsabilité de l’accusé".
Dès les premiers coups, Courdy s'effondre, ce qui entraîne l'intervention rapide des secours. Selon les médecins légistes, le festayre a succombé à un grave traumatisme crânien et a plongé dans le coma avant de décéder cinq jours plus tard à l'hôpital. "Le sang a envahi son cerveau, ne lui laissant plus de place", rapporte Ruth Levy, médecin légiste. Sa compagne, Nadine, décrit la scène avec effroi : "J'ai vu Éric tomber comme une crêpe".
Peur d'éventuelles représailles
Le témoignage d'Adeline, passagère du bus, est attendu avec anxiété. Bien qu'elle ait initialement refusé de témoigner par crainte, elle finit par raconter : "J'ai tout de suite compris qu'il allait mourir, car sa tête a cogné le sol." Face à des questions sur des propos racistes, elle maintient : "Je n'ai pas entendu de tels mots". Un autre témoin confirmera la même version des faits.
Changement de stratégie de l'accusé
Avec l'accumulation de témoignages contre lui, l'accusé modifie sa stratégie de défense. Plutôt que de se retrancher derrière des accusations de racisme, Verin avoue avoir ressenti une tension mais ne peut affirmer avoir entendu des insults. Il décrit avoir été "dans le flou" au moment des événements, une déclaration qui constitue un changement radical de position.
Ce lundi 4 mai, Verin se retrouve à répondre des charges de violence ayant entraîné la mort, en récidive, portant un lourd passé judiciaire de 17 condamnations pour différents délits, dont 14 pour des actes violents. Les deux hommes se sont rencontrés de manière fortuite dans le bus, où une dispute sur des raisons futiles a rapidement escaladé. Éric Courdy, ayant consommé de l'alcool après une journée de fête, n'a pas apprécié le comportement de Verin envers le chauffeur.
Le verdict devrait être rendu mardi soir, avec une peine potentielle de 30 ans de réclusion criminelle pour Verin, qui n’a pas réussi à prouver des accusations de racisme contre la victime.







