Mardi, le Premier ministre roumain Ilie Bolojan doit faire face à une motion de censure initiée par le Parti social-démocrate (PSD), en alliance avec l'extrême droite. Cette situation tendue pourrait plonger le pays dans une grave crise politique.
Le PSD, membre du gouvernement, a décidé de quitter la coalition il y a quinze jours, en réaction aux mesures d'austérité imposées par Bolojan pour réduire un déficit budgétaire alarmant, le plus élevé de l'Union européenne. Les tensions ont conduit à l'annonce de cette motion de censure, soutenue par l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), un parti d'extrême droite.
La motion est signée par 254 parlementaires, nécessitant au moins 233 voix pour être adoptée au sein d'un Parlement comptant 465 membres. Selon les analystes, les chances qu'elle soit adoptée sont élevées, ouvrant la voie à des négociations tendues pour un éventuel nouveau gouvernement.
Le scrutin, prévu pour 11H00 locales (08H00 GMT), pourrait avoir lieu dans l'après-midi. L'investiture de M. Bolojan, en juin 2025, avait mis un terme à une période politique tumultueuse, marquée par des soupçons d'ingérence russe lors des élections présidentielles annulées de novembre 2024.
Nicusor Dan, président pro-européen, a déclaré que malgré les incertitudes, la Roumanie continue de s'orienter pro-occidentale. Il a affirmé que c'était sa responsabilité, ainsi que celle des partis politiques, de maintenir le cap alors même que des discussions politiques ardues se profilent.
Le politologue Costin Ciobanu prédit que si le gouvernement tombe, des négociations prolongées s'annoncent, avec la possibilité d'une réorganisation des forces pro-européennes sans Bolojan en tant que leader. Cela pourrait se traduire par un temps accru sans les changements nécessaires, des attentes de la population non satisfaites, et une transformation du PSD en un acteur favorisant l'AUR, selon ses analyses.
Les critiques fusent de la part des partis de centre-droit, dénonçant l'alliance du PSD avec l'AUR et craignant un éloignement de la voie pro-européenne. En réponse, environ 30 ONG ont appelé le Parti des socialistes européens (PSE) à envisager d'exclure le PSD s'il persiste dans cette direction.
Dans un climat économique déjà précaire, le retrait du PSD a entraîné une augmentation des taux d'intérêt et une dévaluation de la monnaie nationale. Le taux de change a atteint un niveau record, avec 5,19 lei pour un euro. Alors que le pays fait face à un déficit de 7,9 % du PIB, il pourrait voir ses financements européens menacés si la situation perdure, mettant l'avenir économique de la Roumanie en péril.







