Et si un agriculteur était employé par une commune pour fournir la cuisine centrale ? C’est le cas à Chambray-lès-Tours où les légumes servis aux écoliers proviennent de sa ferme municipale.
Le long de l’autoroute A10, à proximité du gymnase de la Fontaine Blanche et d’un quartier résidentiel, se cache une initiative originale. Bien que cette ancienne friche ait l’apparence d’une ferme traditionnelle avec ses plantations de légumes et ses serres, elle est gérée par la municipalité. Les récoltes, qui devraient atteindre quinze tonnes d’ici 2025, alimentent les cantines scolaires de la commune et nourrissent environ mille repas quotidiens.
Yannick Barriol, le maraîcher engagé par la municipalité, déclare : « 100% des légumes approvisionnant les cantines, sauf les pommes de terre, proviennent de notre ferme. » Depuis 2022, cet ancien ingénieur cultive une variété de légumes, fruits et herbes en suivant les principes de l'agriculture biologique. Sur une superficie de deux hectares, dont 7.000 m² cultivés, il pratique le maraîchage sur sol vivant, intégrant des méthodes agroécologiques. De plus, la première récolte de pommes a été réalisée cette année, et la plantation d’un verger sur 2.000 m² est déjà en cours.
Des dons aux associations l'été
Durant la haute saison, Yannick reçoit l’aide d’un saisonnier. En été, lorsque les enfants ne sont pas en classe, les surplus sont conservés en surgelés pour éviter le gaspillage. « Cette année, nous avons également offert 900 kg de denrées à la Banque Alimentaire et aux Restos du Cœur, » révèle-t-il.
En collaboration constante avec la cuisine centrale pour affiner les menus, Yannick entretient également un contact privilégié avec les jeunes élèves. La ferme, baptisée Aux Champs-Braysiens, reçoit des classes de maternelles une fois par mois. « Nous éduquons les enfants sur le cycle du légume en commençant par les semis – salade pour les petits, melon pour les plus grands. Ils reviennent ensuite pour planter et récolter. » Cette approche leur permet de découvrir le monde agricole et d’être sensibilisés à l'écologie.
Un modèle qui se développe
Après trois ans d'activité, la ferme a déjà trouvé « son rythme de croisière ». « Les résultats sont encourageants,» confie le maraîcher. Il rêve maintenant de reproduire ce modèle dans d'autres communes. À Tours, les villes de La Riche et Fondettes ont récemment lancé leurs propres projets de ferme municipale.
Alors que les premières fermes municipales ont émergé au début des années 2010, on en recense aujourd'hui cinquante-cinq à travers le pays, dont trente-cinq sous gestion municipale, selon Un Plus bio, une association dédiée à la promotion des cantines bio. Cette tendance est un signe fort de l'engagement des collectivités locales pour un avenir plus durable et une alimentation de qualité.







